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Projet Artemis: les Etats-Unis ambitionnent de construire une centrale nucléaire sur la Lune d’ici 2030, seul moyen d’alimenter une base pendant les longues nuits lunaires?

BFM Business Sylvain Trinel
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Dans leur future conquête de la Lune, les Etats-Unis ont l'intention de construire une centrale nucléaire, alors que le satellite de la Terre ne dispose d'aucune source d'énergie concrète.

Jusqu'à présent, la source d'alimentation retenue pour les missions lunaires était l'énergie solaire. Une solution adéquate pour des séjours courts et des infrastructures légères, mais qui pose la question du stockage de l'énergie et du maintien de l'approvisionnement quand la Lune est plongée dans le noir et les installations grandissent.

L'enjeu énergétique est un point central du projet Artemis, qui vise à amener une présence humaine durable sur le satellite de la Terre, et les Etats-Unis semblent avoir fait leur choix et trouvé la solution qui leur convient.

La Nasa et le département américain de l'énergie (DoE) ont annoncé la signature d'un accord visant à développer un système d'alimentation de surface à fission. Autrement dit, un réacteur de centrale nucléaire.

Proposer une énergie constante

L'ambition des deux organisations est connue: compenser les longues nuits lunaires qui durent environ 14 jours terrestres. Une période pendant laquelle les éventuels panneaux solaires ne peuvent produire de l'électricité et où la température baisse sensiblement (elle peut atteindre les -170°C). La fission nucléaire serait donc la solution. Mieux encore, elle pourrait fonctionner plusieurs années sans nécessiter un ravitaillement.

Pour la Nasa comme pour le DoE, cela permettrait d'être bien plus serein au long cours. La Lune doit en effet servir de base avancée pour aller sur Mars (à l'horizon 2050).

"Le déploiement d'un réacteur à la surface de la Lune permettra de nombreuses futures missions lunaires en fournissant une énergie continue et abondante, quelle que soit l'ensoleillement ou la température," explique la Nasa dans un communiqué.

Les deux agences vont donc être mises à contribution pour établir le projet, qui permettra ensuite d'alimenter systèmes de survie, laboratoires et activités d'extraction des ressources de la Lune.

Des risques de catastrophes nucléaires?

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls sur ce sujet: Roscosmos, l'agence spatiale russe, a elle aussi annoncé son intention de construire une telle centrale dans les dix prochaines années. La Chine aussi. Les trois nations ont en effet bien conscience que sans l'énergie nucléaire, il ne sera pas possible d'envisager des stations habitées durables.

Mais si le secrétaire américain à l'énergie, Chris Wright, y voit un moyen de mener le monde "vers de nouvelles frontières autrefois jugées impossibles à atteindre", il ne faudrait pas qu'une catastrophe nucléaire sur la Lune ne vienne interférer dans ce processus. Le satellite de la Terre est en effet un élément essentiel de notre survie. Son action sur la stabilisation de l'axe de la Terre et son effet sur les marées ont des effets sur la température terrestre.

Sans tomber dans le catastrophisme de films comme Moonfall, qui imagine une Lune sortant de son orbite pour s'écraser sur la Terre, les risques restent néanmoins réels. Nous ne sommes en effet séparé que de 384.400 kilomètres de notre seul et unique satellite naturel.