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Payer ou accepter de partager ses données: dans le viseur de Bruxelles, Meta s'engage à offrir un choix plus clair aux utilisateurs européens

BFM Business Kesso Diallo avec AFP
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La Commission européenne a révélé avoir reçu des engagements de la part de Meta, qui a promis de bientôt permettre aux utilisateurs de partager moins de données personnelles sans soucrire un abonnement payant.

Payer ou être pisté. C'est le choix qu'offre Meta, la maison mère de Facebook et Instagram aux utilisateurs européens. Mais ce ne sera bientôt plus le cas, a annoncé la Commission européenne ce 6 décembre, indiquant avoir reçu des engagements de l'entreprise pour se conformer au règlement européen sur les marchés numériques (DMA).

Selon ces engagements, les utilisateurs pourront bientôt opter pour des publicités plus respectueuses de leurs données personnelles, sans souscrire pour autant à un abonnement payant.

Non-respect du DMA

Avec ce changement, Meta tente de clore un contentieux avec Bruxelles. L'exécutif européen avait imposé au géant américain des réseaux sociaux une amende de 200 millions d'euros en avril, la première infligée dans le cadre du DMA (simultanément avec une amende de 500 millions d'euros prononcée contre Apple). Bruxelles avait estimé que le groupe enfreignait les dispositions du DMA en matière de traitement des données personnelles.

Cette difficulté faisait suite à la mise en place fin 2023 dans l'UE d'un abonnement permettant d'utiliser Facebook et Instagram sans voir de publicités, pourtant présenté par Meta comme un moyen de respecter les exigences réglementaires européennes en matière de données personnelles. Le groupe avait obligé alors les utilisateurs refusant de payer l'abonnement à consentir à l'exploitation de leurs données personnelles à des fins publicitaires, sans leur donner à l'époque la possibilité d'opter pour des publicités moins personnalisées, comme le prévoit le DMA.

Un choix plus clair pour les utilisateurs européens

Après des mises en garde de l'UE, Meta a mis en place à l'automne 2024 un nouveau modèle publicitaire visant à se mettre en conformité. Selon Bruxelles, le nouveau système ne répond pas totalement aux obligations du DMA, mais Meta prépare une nouvelle version qui sera présentée en janvier, et qui devrait résoudre "de manière effective" les griefs soulevés.

L'entreprise donnera alors un choix plus clair aux utilisateurs refusant de payer un abonnement: ils pourront soit "consentir à partager toutes leurs données et voir des publicités entièrement personnalisées", soit "opter pour partager moins de données" et voir des publicités moins ciblées, a résumé la Commission dans un communiqué. La Commission européenne a précisé qu'elle n'avait pas encore clos le dossier, et qu'elle se prononcerait une fois que les changements promis seraient mis en place.

"L'affaire n'est pas close, mais c'est une étape très positive", a commenté un porte-parole de l'exécutif européen.