Salles de sport, VTC... De plus en plus d'espaces non-mixtes proposés aux femmes

Des rames de RER devraient-elles être réservées aux seules usagères? Après la tentative de viol dont a été victime une jeune femme brésilienne dans le RER le 16 octobre dernier, une pétition a appelé à "lancer un projet pilote de wagons réservés aux femmes et aux enfants sur les lignes RER et Transilien", mise en ligne le 24 octobre par "Marie K", une anonyme, elle a récolté à ce jour plus de 31.000 signatures.
Fin septembre, la députée LFI de Seine-Saint-Denis Nadège Abomangoli a aussi proposé d'instaurer des cabines non mixtes dans le premier téléphérique urbain d'Île-de-France qui sera mis en service le 13 décembre. Les cabines aériennes de 10 places relieront Créteil et Villeneuve Saint-Georges.
Selon une enquête de la RATP, sept femmes sur dix fréquentant les transports franciliens ont déjà été victimes de violences sexistes et sexuelles. Mais l'idée de créer des espaces dédiés aux femmes ne se limitent pas aux transports franciliens.
Uber a ainsi lancé il y a un an l'option "Uber by Women". Elle permet aux clientes de demander spécifiquement une femme chauffeur au moment de la réservation. "C'est important que toutes les femmes se sentent en sécurité, écoutées, et surtout respectées", estime auprès de BFMTV Edwige Sylvain, conductrice de VTC.
Une initiative "qui ne favorise pas l'éducation"
Des salles de sport ont également fait le choix de réserver des espaces à leur clientèle féminine pour éviter toute agression ou remarque déplacée de la part des hommes.
"C'était bien d'avoir un espace dédié aux femmes pour être 'tranquille', en sécurité, sans être regardée ni jugée dans nos sports", juge une jeune femme au micro de BFMTV.
Une autre se montre en revanche plus réservée sur ce type d'initiative: "En fait, ça ne favorise pas l'éducation, alors que ce qu'on veut c'est éduquer tous les hommes et qu'on n'ait pas à faire ça."
Pour Cécile Méadel, sociologue et professeure à l'université Paris Panthéon-Assas interrogée par BFMTV, cette tendance "traduit un double fait".
"D'une part, (elle signifie que) les mouvements comme #MeToo ou #BalanceTonPorc" ont quand même profondément marqué les femmes. Et de l'autre côté, (cela montre que) le combat pour l'éducation des hommes n'est pas gagné", analyse-t-elle.












