À Bayonne, le labrador Verrone aide les enfants victimes de violences à prendre la parole

L'équipe de l'unité médico-judiciaire du centre hospitalier de Bayonne a accueilli en octobre dernier un tout nouveau membre déjà emblématique. Verrone, jeune labrador de 15 mois, est un chien de soutien émotionnel qui a pour rôle d'accompagner et d'aider les victimes de violences.
"Notamment les mineurs qui sont auditionnés sur notre unité", précise le Dr. Ruth Lévy, cheffe de service de l'unité médico-judiciaire. Le plus souvent, les enfants auditionnés le sont dans le cadre de violences sexuelles et/ou intrafamiliales.
Une façon de "mieux appréhender à la fois l'audition judiciaire mais également la consultation avec le médecin, le psychologue, le psychiatre, le pédopsychiatre..."
D'un tempérament très calme, Verrone a ainsi été éduqué pour répondre à plusieurs ordres qui permettent de faciliter son lien avec les mineurs. Le jeune chien donne la patte et sait se mettre sur le dos afin qu'un enfant puisse aisément "le câliner en s'allongeant par terre et en mettant sa tête sur son ventre".
"On essaye de positionner le chien à côté de l'enfant et ensuite il est laissé complètement libre dans la salle d'audition. Le lien va se créer naturellement, petit à petit", explique la médecin.
Un moment complice entre l'enfant et le chien qui rassure la victime, et ainsi l'aide à prendre la parole afin de répondre à des questions parfois difficiles. Le but: "réduire ce climat anxiogène de l'audition judiciaire", résume Dr. Ruth Lévy.
"Une alliance thérapeutique"
Faire appel à un chien de soutien, c'est du jamais vu dans le département des Pyrénées-Atlantiques. "Le fait d'avoir un animal sur un hôpital est assez novateur et inattendu", conçoit la cheffe de service.
Et après presque deux mois d'activité, Verrone fait déjà ses preuves. "Le premier rendez-vous que j'ai eu avec Verrone, c'était avec une enfant qui ne parlait pas beaucoup", raconte Dr. Laura Desmond, médecin pédopsychiatre à l'unité de victimologie. Avec l'arrivée du labrador, "un petit lien a commencé à s'installer, une alliance thérapeutique", jusqu'à ce que l'enfant se confie.
"Verrone a permis de lâcher plein de choses à cette jeune fille", se félicite Dr. Laura Desmond. L'enfant est aujourd'hui "contente de revenir", ce qui n'était pas le cas lors de ses premiers rendez-vous avec la pédopsychiatre.
Souvent, les enfants recherchent le contact physique avec Verrone. "Soit ils vont vraiment s'envelopper autour de lui, soit ils vont le caresser", souligne le Dr. Laura Desmond. "C'est chouette, parce que le rendez-vous a pu être conséquent au niveau émotionnel et en fin de compte l'enfant part libéré après un gros câlin avec Verrone."
Des chiens en soutien dans d'autres hôpitaux de France
Verrone coche toutes les cases, autant auprès des enfants qu'auprès des équipes de l'hôpital de la côte basque. "Il est extra!" assure Ruth Lévy sourire aux lèvres. "Il est devenu une vraie mascotte sur l'hôpital."
À Saint-Lô (Manche), l'unité médico-judiciaire a également adopté un chien, Ravel, pour aider les jeunes victimes de violences et les apaiser depuis plus d'un an. Même chose au service hospitalier de Bondy (Seine-Saint-Denis).
En 2024, selon des chiffres de l'État, plus de 70.000 victimes de violences sexistes et sexuelles ont été prises en charge dans les unités médico-judiciaires en France, soit une augmentation de 14% en un an.












