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Fêtes de fin d’année: mythes et légendes autour de la gueule de bois

BFM Jérémy Maccaud , Chef d'édition BFMTV
Contre la "gueule de bois" provoquée par une surconsommation d'alcool, il n'y a guère de recette miracle.

Contre la "gueule de bois" provoquée par une surconsommation d'alcool, il n'y a guère de recette miracle. - Jeff Pachoud - AFP

Chaque fin d'année à la période des fêtes, un très grand nombre de Français ont prévu de boire de l'alcool, de manière plus ou moins raisonnable. Voici quelques conseils pour consommer plus intelligemment et éviter, autant que possible, la terrible gueule de bois des lendemains de cuite.

Que ce soit à Noël ou le soir du 31, une très grande majorité de Français a encore prévu, en cette fin d’année, de boire de l’alcool. On ne le répétera jamais assez, ce dernier doit être consommé avec modération, et il est strictement interdit par la loi, mais aussi essentiel pour la sécurité de tous, de prendre le volant une fois les 0,5 grammes d’alcool par litre de sang atteint.

Maintenant, pour ceux qui risquent d'en abuser un peu en cette fin 2014, que faire pour rendre le phénomène de "gueule de bois" le moins désagréable possible? Existe-il un remède miracle? Le rince-cochon de grand-mère est-il efficace?

BFMTV.com a posé toutes ces questions a un spécialiste, le docteur Alain Rigaud, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (A.N.P.A.A.).

De la mesure...

Autant annoncer la couleur d'entrée de jeu: non, il n'existe pas de remède miracle pour lutter contre la "veisalgie", le néologisme médical utilisé pour qualifier "le mal des lendemains de fête".

La seule façon pour lutter contre? "C'est de ne pas trop boire", rétorque le Dr. Alain Rigaud, avant d'aller plus loin. "Il faut se poser la question suivante: si j'ai la gueule de bois, c'est que je suis plus dans l'ivresse que dans le plaisir." Deux phénomènes bien distincts, qu'il faut savoir différencier.

"S'il y a une réelle recherche de l'abrutissement par l'alcool, l'autre conseil serait de boire moins vite", explique ce psychiatre-addictologue à Reims.

... et de l'eau. Beaucoup d'eau

Il faut aussi savoir s'arrêter à temps. "Quand on commence à sentir notre bouche pâteuse, qu'on a la tête lourde ou qu'on bafouille, c'est qu'on a commencé à trop boire."

Il existe toutefois une alliée pour les moins raisonnables d'entre-nous: l'eau. "Il faut boire un verre d'eau pour chaque verre d'alcool consommé, car l'alcool est diurétique", déclare le Dr. Rigaud. "On élimine par les urines beaucoup plus de liquide qu'on en a ingurgité. Il est possible de s'en rendre compte dès le premier verre." Grosso-modo, pour une "dose" d'alcool telle que servie dans les bars - un demi-de bière ou 3 cl de spiritueux par exemple - on élimine l'équivalent d'un grand-verre d'eau.

Or, c'est précisément cet effet de déshydratation qui rend parfois les lendemains de fête si pénibles.

Quid des produits miracles, vendus en pharmacie?

Depuis plusieurs années, des produits, proposés à la vente en pharmacie, affirment pouvoir lutter contre l'effet "gueule de bois". Est-il possible de s'y fier? Certainement pas, tranche notre spécialiste. "Ce sont de bons coups commerciaux. Mais ça ne diminue pas l'alcoolémie, et ne rend pas moins dangereux au volant." Dans la même veine, la technique qui consisterait à avaler une cuillère d'huile d'olive avant de boire n'est guère plus probante. 

En ce qui concerne les médicaments plus traditionnels, il faut privilégier le paracétamol (Efferalgan, Doliprane) à l'aspirine. Mais, contrairement à une autre rumeur, il n'est pas forcément plus efficace d'avaler un comprimé avant de se coucher qu'au réveil, "sauf si on a déjà mal au crâne au moment même de la soirée", souligne le docteur Alain Rigaud. L'important restant, une nouvelle fois, d'accompagner le tout par un grand verre d'eau, pour se réhydrater.

Guérir le mal par le mal? "Faux"

Si vous comptiez prendre un petit shot de gnôle le 1er au matin pour vous remettre d'aplomb, changez de projet. L'idée, communément admise, qu'il serait possible de "guérir le mal par le mal", soit la gueule de bois par une petite dose d'alcool, est non seulement infondée, mais peut même révéler une pathologie. "Ça va fonctionner pour les alcoolo-dépendants qui ont un besoin de redémarrer, sinon non", précise l'addictologue. Et dans ce cas, aggraver la fameuse gueule de bois contre laquelle on cherche à lutter.

"Il faut bien comprendre que si les boissons alcooliques sont peut-être agréables à boire, il s'agit d'un plaisir à risque si on le pousse trop loin", prévient-il. "Au bout d'un certain moment, l'alcool devient toxique, il touche le cerveau, surcharge les organes chargés de désintoxiquer notre corps, comme le foie et les reins, et les mets en souffrance", conclut le président de l'A.N.P.A.A.