Bernard Cazeneuve considère que l'évolution du PS vis-à-vis de LFI "ne lui donne pas tort"
L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve le 24 novembre 2025 à Paris - MAGALI COHEN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Il en est un qui se satisfait sûrement du gouffre séparant actuellement socialistes et insoumis, incapables de passer un jour sans s'écharper, notamment sur les discussions budgétaires.
Cet homme, c'est Bernard Cazeneuve. Lui, l'ancien Premier ministre de François Hollande, qui avait quitté le Parti socialiste en 2022, plus de trente ans après l'avoir intégré, en raison de la formation d'une alliance avec La France insoumise aux élections législatives. Lui, aussi, qui n'a jamais manqué depuis d'afficher ouvertement ses désaccords avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, coupable à ses yeux de "fabrique(r) des votes d'extrême droite en quantité industrielle".
Près de trois ans et demi plus tard, l'avocat, désormais à la tête de sa propre boutique politique, La Convention, réclame le point. Le PS a "évolué dans un sens qui ne me donne pas tort compte tenu des constats que j’avais faits, donc je ne vais pas me plaindre de cette évolution", dit-il dans une litote ce vendredi 7 novembre sur RTL.
La direction socialiste, menée par Olivier Faure, lui répondrait sûrement que sans cette alliance, le PS, dont la candidate à l'Élysée, Anne Hidalgo, avait récolté à peine 1,75% des suffrages, aurait eu du mal à exister lors des législatives.
Le PS, "c'est ma famille politique"
Pour autant, il est vrai que les positions entre insoumis et socialistes n'ont jamais paru aussi éloignées qu'actuellement, à un an et demi de l'élection présidentielle. Déjà très distantes en 2023, après l'éclatement de la Nouvelle union populaire écologiste et sociale (Nupes) sur fond de guerre au Proche-Orient, elles s'étaient cependant à nouveau rapprochées en 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale, pour contrer une potentielle arrivée au pouvoir du Rassemblement national avec la constitution du Nouveau Front populaire (NFP).
Puis, les désaccords se sont exacerbés autour de la stratégie à mener vis-à-vis de l'exécutif. Les insoumis réclament à cor et à cri une présidentielle anticipée tout en enchaînant les dépôts et votes de motion de censure. Quand les socialistes se distinguent par leur recherche du compromis, avec François Bayrou puis Sébastien Lecornu, pour arracher des "victoires"... Aussitôt démenties par leurs ex-alliés.
Aujourd'hui, Bernard Cazeneuve a perdu ce ton très critique, qui lui faisait dire que le parti au poing et à la rose était "toutouisé" par LFI. Le PS, "c'est ma famille politique", dit-il, se présentant comme "viscéralement attaché" à celui-ci, sans préciser s'il reprendra un jour sa carte d'adhérent.
"Si j’ai fait les choix que j’ai faits, en quittant le Parti socialiste au moment où il s’est allié avec La France insoumise, ce n’est pas du tout parce que je voulais quitter cette famille. C’est parce que je voulais que cette famille demeure conforme à elle-même à son histoire, à ce qu’elle représentait aujourd’hui dans le temps long", insiste-t-il.
L'heure est au rassemblement pour l'ex-ministre de l'Intérieur, âgé de 62 ans, dont le nom a régulièrement été cité pour un retour à Matignon ces derniers mois. Il invite la "gauche qui veut gouverner" à un rassemblement le 16 novembre prochain à Pontoise, dans le Val-d'Oise.
Car, il reste "beaucoup à faire", indique Bernard Cazeneuve sur RTL, appelant à éviter que "le pire n'advienne" en 2027, "c'est-à-dire l'avènement du Rassemblement national".












