"Des saboteurs à l'Assemblée": la ministre des Comptes publics cible LFI et le RN pour justifier l'arrêt des débats sur le budget
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, le 6 janvier à Bercy - QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
"Nous avons des saboteurs à l'Assemblée nationale". La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, cible La France insoumise et le Rassemblement national ce vendredi 16 janvier pour justifier l'annulation des débats sur le projet de loi de finances (PLF), après que le gouvernement a jugé impossible que ce texte fasse l'objet d'un vote favorable à l'Assemblée nationale.
Ces deux formations politiques "ont délibérément voté des amendements pour qu’à la fin le budget soit invotable", accuse Amélie de Montchalin, interviewée par France 2 en début de matinée. Dans le viseur du gouvernement notamment: une réduction, à l'initiative du RN, de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d'euros, dans l'enveloppe de l'État aux collectivités territoriales.
Dans son exposé des motifs, le parti d'extrême droite justifie cette coupe par sa volonté de "réduire le millefeuille territorial", source de "gabegie", à ses yeux, en supprimant la strate régionale et en ciblant également les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).
Sébastien Lecornu doit annoncer une nouvelle copie
Depuis des semaines, le gouvernement s'en prend également à La France insoumise, dont il avait par exemple vertement dénoncé l'amendement visant à taxer les bénéfices des multinationales en fonction de leur activité en France, lors de l'examen du texte en octobre.
Jeudi, Matignon a estimé que les deux formations politiques rendaient "inéluctable l'utilisation d'un outil du parlementarisme rationalisé", soit le 49.3 soit une ordonnance, "pour que la France ait un budget".
"À un moment le gouvernement voit ce qui se passe, la copie telle qu'elle avance n’est pas votable", souligne Amélie de Montchalin.
Avant de trancher entre ces deux options, Sébastien Lecornu doit annoncer des mesures pour faire évoluer le texte initial proposé par le gouvernement. L'objectif: tenter de dessiner un "compromis" de non-censure, avec le Parti socialiste et les indépendants de Liot.
"Il y a des gens qui veulent saboter, il y a des gens qui veulent avancer, nous on veut avancer (...) Ce qu'on met sur la table c'est des nouvelles propositions et le Premier ministre dira aux partis politiques: 'qu'est ce que vous en pensez, comment on avance' car ce qu'on veut c'est pas du n'importe quoi", conclut la ministre des Comptes publics.











