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Gabriel Attal, prudent, indépendant et toujours ambitieux pour 2027: l’édito de Guillaume Daret

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L’ancien Premier ministre, qui ne veut pas saturer l’espace médiatique, choisit minutieusement ses combats. La meilleure façon selon lui de préserver toutes ses chances pour l’élection présidentielle.

"Je préfère qu’on dise qu’on ne voit pas assez Attal plutôt qu’on dise qu’Attal dit des conneries", lâche un soutien de l’ancien Premier ministre quand on questionne sa relative discrétion médiatique ces dernières semaines comparée à une époque où il était omniprésent. Comme d’autres, ce dernier juge que la période budgétaire est tellement instable que les présidentiables n’ont rien à y gagner et ne peuvent qu’y perdre des points.

Gabriel Attal a donc choisi d’intervenir de façon chirurgicale, en tout cas avec parcimonie. Comme lorsqu’il met sur la table une proposition choc sur les retraites d’un système universel avec une part de capitalisation. Ou encore pour s’opposer fermement à une possible hausse de la taxe foncière, finalement repoussée par le gouvernement.

Cette prudence n’est en rien un renoncement à ses ambitions présidentielles. Au contraire, c’est à ses yeux la meilleure façon de préserver toutes ses chances.

"Ce qui est sûr, c’est que je pense qu’il ne faut pas partir trop tôt. C’est après les municipales et le procès en appel de Marine Le Pen que la présidentielle va vraiment se lancer", juge son entourage.

Dans son bureau du Palais Bourbon où Gabriel Attal nous reçoit, la télé est branchée sur les débats dans l'hémicycle. Il profite de cette période pour travailler le fond. "Le positionnement de Renaissance doit être clair: libéral économiquement, ferme sur le régalien, progressiste sur les questions sociétales", énumère l’ancien chef du gouvernement. Avec pour objectif de reconquérir l’électorat de centre-gauche qui s’est détourné du camp macroniste après 2017.

Un terrain sur lequel Raphaël Glucksmann est un rival. "Raphaël a fait son image sur l’international. Ça marche bien pour une élection européenne, pour une présidentielle c’est différent, veut croire l’un de ses proches. L’élection ne se fera pas là-dessus, mais bien sûr cette question européenne aura plus d’importance que pour les autres présidentielles vu le contexte géopolitique."

Une relation au point mort avec Macron

Il faut aussi à Gabriel Attal assumer une rupture avec le chef de l’État tout en essayant de ne pas passer pour un traître. Une position d'équilibriste pas si évidente à trouver. "Il ne faut pas qu’il dise être contre Macron mais juste dire qu’il n’est pas Macron", tranche un autre responsable de Renaissance. Lui qui a lâché une bombe début octobre, expliquant que, "comme beaucoup de Français", il ne comprend plus les décisions du président de la République.

C’est justement sur la pratique du pouvoir et des institutions et le rapport aux organisations syndicales qu’il compte s’en distinguer et construire sa propre identité politique. "Par rapport à 2017, ce ne sera pas le même dépassement, il faudra incarner plus de radicalité", analyse Gabriel Attal. Entre les deux hommes les relations sont glaciales pour ne pas dire inexistantes. "Le chef de l’État ne veut pas d’un successeur qui vient de son camp, il ne veut pas de quelqu’un qui s’est émancipé, il ne souhaite donc pas qu’Édouard Philippe ou Gabriel Attal accèdent à l’Élysée", assène un parlementaire Renaissance qui, lui aussi, a pris ses distances avec Emmanuel Macron.