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Capture de Nicolás Maduro: la réaction d'Emmanuel Macron ulcère la gauche

BFM A.B avec AFP
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La gauche, du PCF au Parti socialiste en passant par La France insoumise, a fait part ce samedi de son agacement à la suite des propos d'Emmanuel Macron sur la capture de Nicolás Maduro. Ce dernier n'ayant pas évoqué les attaques américaines.

Emmanuel Macron a "pris acte" ce samedi 3 janvier de la fin de la "dictature" de Nicolás Maduro, dont le "peuple vénézuélien" ne peut que se "réjouir". Une position qualifiée de "honte" par la gauche qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis.

"Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s'en réjouir", a écrit sur X le chef de l'État.

"En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple", a-t-il insisté, sans évoquer dans son tweet les attaques américaines qui ont abouti à la capture du président vénézuélien.

"Une honte"

Mais pour Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, "la prise de position de Macron n'est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international". "Jour sombre pour notre pays", a-t-il encore écrit sur X, appuyé par Manuel Bompard qui s'est désolé de voir "la France réduite à féliciter les coups de force de Trump".

Même indignation du côté du Parti socialiste. Selon son premier secrétaire Olivier Faure, "la France n'est pas un État vassal des USA et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche".

Une "honte ultime" même pour le leader du Parti communiste Fabien Roussel, pour qui la France est "rabaissée au rang de 51e état des USA".

"Emmanuel Macron piétine ce soir toute notre histoire diplomatique. Une honte", a abondé le patron des sénateurs PS Patrick Kanner.
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Une "honte ultime" même pour le leader du Parti communiste Fabien Roussel, pour qui la France est "rabaissée au rang de 51e état des USA".

Un rassemblement à Paris

Samedi en fin d'après-midi, plus d'un millier de personnes, agitant pour certaines des drapeaux vénézuéliens, étaient réunies place de la République à Paris pour protester contre l'attaque, à l'appel notamment de LFI et du parti communiste, a constaté un journaliste de l'AFP.

Parmi elles, Jean-Luc Mélenchon qui a dit qu'il fallait "sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro libre au Venezuela".

L'exécutif avait été plus offensif samedi après-midi par la voix du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a affirmé que l'opération américaine "contrevient" au droit international.

"La France rappelle qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir", avait-il encore écrit sur X.

Soutien à Edmundo Gonzalez Urrutia

Emmanuel Macron a préféré mettre l'accent sur la "transition à venir" qui "doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien". En ce sens, il plaide pour que celle-ci soit assurée "au plus vite" par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle 2024. Alors que Donald Trump a de son côté déclaré que les États-Unis "dirigeraient" le Venezuela jusqu'à ce qu'une transition politique "sûre" puisse avoir lieu.

À l'image de l'exécutif, d'autres responsables politiques ont dû s'employer à un exercice d'équilibriste, partagés entre la volonté de dénoncer l'attaque américaine, sans pour autant apparaître comme un soutien de Nicolas Maduro.

"Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort", a déclaré l'eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann.