BFM

Anne Hidalgo considère que Rachida Dati aurait "dû abandonner son mandat" en raison de ses "affaires"

BFM Baptiste Farge
La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 25 juillet 2025 à Paris

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 25 juillet 2025 à Paris - Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La maire de Paris sort de son silence sur les municipales 2026 et s'en prend à sa rivale Rachida Dati, candidate à sa succession. "Je n'imagine pas une seconde les Parisiens donner les clés à quelqu'un qui pourra être démis de ses fonctions si la justice en décide ainsi", déclare l'édile socialiste, alors que la ministre de la Culture doit comparaître en correctionnelle en septembre 2026 dans l'affaire Renault-Ghosn.

Une victoire de Rachida Dati aux municipales 2026 à Paris? Anne Hidalgo, interrogée par RTL ce jeudi 13 novembre, n'y "croit pas". La maire socialiste de la capitale, non-candidate à sa propre succession, voit mal sa rivale prendre les commandes de l'Hôtel de ville. La raison évoquée: "les affaires qui la concernent".

"Je n'imagine pas une seconde les Parisiens donner les clés à quelqu'un qui pourra être démis de ses fonctions si la justice en décide ainsi", tacle-t-elle, alors que Rachida Dati doit comparaître en correctionnelle en septembre 2026, soit six mois après les municipales, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire Renault-Ghosn, risquant ainsi une peine d'inéligibilité.

"D'un point de vue moral, cela fait longtemps qu'elle aurait dû abandonner son mandat", de maire du VIIe arrondissement et de conseillère de Paris, fustige encore Anne Hidalgo.

Plusieurs dossiers judiciaires

En plus de ce dossier judiciaire, Rachida Dati fait aussi l'objet d'une enquête visant l'éventuelle non-déclaration de bijoux de luxe à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Aussi, Rachida Dati est visée par un signalement, après des publications de L'Obs et de Complément d'enquête (France 2) d'après lesquelles elle aurait perçu 299.000 euros d'"honoraires" non déclarés de GDF Suez en 2010-2011 quand elle était eurodéputée et avocate.

De son côté, l'actuelle ministre de la Culture conteste toute irrégularité.

Autre sujet abordé par Anne Hidalgo ce mercredi: le casse du Louvre, intervenu le 19 octobre 2025. Alors que Rachida Dati l'avait visée directement, pointant à plusieurs reprises le manque de "déploiement de la vidéoprotection sur l’espace public" - avant que la municipalité parisienne ne dénonce des "fausses déclarations" - l'édile a répondu:

"Cela montre bien la nature du personnage, cette capacité à ne jamais prendre ses responsabilités, à toujours essayer de porter dans le débat public quelque chose de sale, quelque chose qui attaque ses adversaires, qui considère que les fautes relèvent des autres et jamais d'elle-même."

Enfin, Anne Hidalgo s'est prononcée sur Emmanuel Grégoire, son ancien premier adjoint, candidat socialiste pour la mairie de Paris après avoir triomphé lors d'une primaire interne du sénateur Rémi Féraud, qu'elle soutenait. "Je choisirai et je voterai pour le candidat de la gauche", a seulement affirmé l'élue parisienne, appelant à une "union". Et d'ajouter: "[Il peut s'agir d'] Emmanuel Grégoire. C'est aux candidats et aux militants d'en décider."