Haute-Savoie: la droite mise au défi par les ciottistes de conserver l'une de ses circonscriptions historiques

(illustration) - BERTRAND GUAY © 2019 AFP
L'extrême droite va-t-elle souffler un siège de député en Haute-Savoie dévolu depuis toujours à la droite? Onze candidats s'affrontent ce dimanche 25 janvier pour une législative partielle sur laquelle plane l'ombre du milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.
Les électeurs de la 3e circonscription, territoire rural et montagneux proche de la Suisse, sont appelés aux urnes les 25 janvier et 1er février pour élire un successeur à la députée LR Christelle Petex. Parlementaire depuis 2021, elle a démissionné le 6 novembre, déplorant "trop de politique politicienne" et disant avoir reçu "trop de critiques" et "de menaces".
Son ancien suppléant et maire de Glières-Val-de-Borne, Christophe Fournier, va tenter de reprendre le flambeau pour LR et a reçu cette semaine une visite "symbole" de la part des ténors Républicains Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, réconciliés pour l'occasion. Christophe Fournier est "le seul candidat de la droite, un candidat de bon sens", a appuyé Laurent Wauquiez lors de son déplacement.
Front républicain au second tour en 2024
Mais le label de "candidat de la droite" est également revendiqué par Antoine Valentin, soutenu par le parti ciottiste UDR et par le Rassemblement national. Déjà en lice aux législatives de 2024, le jeune maire de Saint-Jeoire était arrivé en tête avec près de 40% des voix au premier tour avant d'être battu au second par Christelle Petex à la faveur d'un front républicain.
Antoine Valentin, qui n'a pas donné suite aux demandes d'interview de l'AFP, est le cofondateur de l'institut Politicae, qui se présente comme une structure destinée à accompagner les candidats au mandat de maire.
Selon plusieurs médias, elle est financée par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin dans le cadre de son projet Périclès, acronyme de "Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes".
Face à cet adversaire, Christophe Fournier se veut confiant: "Quand je me présente à une élection, c'est pour la gagner. La circonscription a toujours été LR. Je sais que les électrices et les électeurs savent prendre leurs responsabilités en temps et en heure", a-t-il dit à l'AFP.
Ils "ont le choix entre mettre quelqu'un qui fait partie de l'extrême droite ou conserver la circonscription à LR", fait-il encore valoir.
"Laboratoire de l'extrême droite"
De l'avis général, le scrutin intéresse peu les électeurs, d'autant que le futur élu aura vocation à occuper son poste seulement jusqu'à la présidentielle de 2027, probablement suivie de nouvelles législatives.
La multiplicité des candidatures (11 personnes dont une seule femme) accroît aussi l'incertitude: "On est toute une flopée, à grignoter (des voix) un peu partout", constate Boris Avouac, maire de Saint-Laurent, qui porte les couleurs de Solution Démocratique, un parti plaidant pour la démocratie directe en France.
Son premier adjoint, Anthony Penhouët, se présente à la même élection sous l'étiquette Place Publique et PS. Une rivalité vécue en très petit comité dans ce village de 822 habitants mais dont s'amusent les deux hommes: "Saint-Laurent n'est pas un village banal".
Même si la gauche est divisée, LFI et Equinoxe présentant eux aussi chacun un candidat, il y a "un coup à faire" auprès des électeurs du centre, laissés "orphelins" par le "virage vers l'extrême" de la droite et l'absence de candidat Renaissance, estime Anthony Penhouët.
"Je ne suis pas partisan de convoquer constamment les années 30 et 40 mais imaginez la Haute-Savoie basculer dans l'extrême droite. C'est la circonscription du plateau des Glières", haut lieu de la Résistance, s'indigne-t-il. Or, "l'union des droites ici, ce n'est pas juste un mot. Ça se voit dans ce que font les élus, dans les thèmes qu'ils mettent en avant. Ça a commencé depuis très, très longtemps", affirme-t-il.
"Cette circonscription a valeur de test", a renchéri l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, venu soutenir le candidat: "nous ne laisserons pas monsieur Stérin et ses acolytes faire de cette circonscription un laboratoire de l'extrême droite".











