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Un homme condamné à un an de prison avec sursis pour avoir profané la tombe de Robert Badinter

BFM M. H. avec AFP
Des policiers près de la tombe de l'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, vandalisée quelques heures avant son transfert au Panthéon, au cimetière de Bagneux, près de Paris, le 9 octobre 2025

Des policiers près de la tombe de l'ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, vandalisée quelques heures avant son transfert au Panthéon, au cimetière de Bagneux, près de Paris, le 9 octobre 2025 - Thomas SAMSON

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La tombe de l'ancien ministre de la Justice avait été dégradée le 9 octobre dernier, jour de son entrée au Panthéon.

L'homme de 23 ans qui a reconnu avoir profané la tombe de Robert Badinter, quelques heures avant l'entrée au Panthéon le 9 octobre de l'ex-garde des Sceaux, a été condamné ce mercredi 3 décembre à Nanterre à un an d'emprisonnement avec sursis.

Jugé en comparution immédiate pour profanation de sépulture et dégradation du bien d'autrui, cet étudiant ingénieur d'une école prestigieuse a reconnu les faits, en garde à vue puis à l'audience.

Cette peine est conforme aux réquisitions du procureur Yves Badorc. Le tribunal correctionnel l'a assortie de 140 heures de travail d'intérêt général, d'un stage de citoyenneté, ainsi que d'une obligation de soins.

Un homme "séduit" par l'idéologie royaliste

Située dans le cimetière de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, la tombe de Robert Badinter avait été taguée quelques heures avant l'entrée de l'ancien ministre de la Justice au Panthéon.

"Je ne me faisais pas à cette idée que M. Badinter allait au Panthéon (...) Au même moment, je m'intéressais au personnage de Jean-Marie Le Pen, au fait que sa sépulture avait été détruite", avait tenté de justifier l'étudiant à l'audience, se présentant comme "royaliste loyaliste".

"Comment les écoles de la République qui sont censées former des élites peuvent attirer dans leurs rangs des gens qui ont un tel projet criminel", s'est demandé le président du tribunal judiciaire de Nanterre, Benjamin Deparis, qui présidait l'audience.

Questionné longuement sur ses idées politiques, le prévenu s'est dit "séduit" par l'idéologie royaliste et a répondu à l'affirmative aux questions du procureur sur une éventuelle "décadence" de la société.

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Deux croix gammées avaient été retrouvées dans ses cahiers, qu'il avait expliqué en garde à vue comme un "esprit d'école" puis en audience comme de "l'humour noir". L'air contrit, l'étudiant a cependant reconnu à plusieurs reprises avoir agi "avec froideur", présenté ses excuses à la famille de Robert Badinter et admis: "C'est vrai, ce que j'ai fait, c'était lâche". Élisabeth Badinter, veuve de Robert Badinter, n'était pas présente ou représentée à l'audience.

Carte du cimetière annotée

L'homme a été retrouvé grâce à l'étude d'images de vidéosurveillance, qui le montraient entrant et sortant du cimetière dans la nuit, et au bornage de son téléphone. L'enquête a permis d'établir qu'il s'était rendu quelques jours plus tôt au cimetière et avait chez lui un plan des lieux, où il avait annoté l'emplacement de la tombe de Robert Badinter.

"On parle de préméditation, pour autant il a hésité jusqu'au bout, la préméditation est là, la détermination n'y est pas", a argué son avocate Me Fanny Ginsburg.

Interpellé mardi matin, le jeune homme était inconnu de la justice. Après la constatation de la profanation de la sépulture de Robert Badinter, le parquet avait immédiatement ouvert une enquête préliminaire, confiée à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine.

Les mots "Éternelle est leur reconnaissance, les assassins, les pédos, les violeurs, la REPUBLIQUE le (Robert Badinter, NDLR) sanctifient" avaient été tagués à la peinture bleue sur la pierre tombale de l'ancien ministre, décédé en février 2024 à l'âge de 95 ans.

La tombe, qui n'a pas subi de dégât matériel, avait été rapidement nettoyée par les services de la ville de Paris. "Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire", avait réagi Emmanuel Macron. "La République est toujours plus forte que la haine", avait encore écrit le chef de l'Etat dans un message publié sur le réseau social X.