13 novembre: l'attaque du Bataclan n'aurait pas pu être évitée

Après six mois d'enquête, une terrible conclusion: l'attaque du Bataclan qui a fait 90 morts au soir du 13 novembre n'aurait pas pu être évitée. C'est le constat de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de janvier et de novembre dernier qui rend ce mardi ses conclusions via 39 propositions que BFMTV dévoile en exclusivité.
"Contrecarrer les attaques aurait supposé que les magistrats instructeurs et les agents des services de renseignement aient gardé, personnellement, en mémoire toutes les cibles mentionnées par les terroristes lors de leurs auditions", précise Sébastien Pietrasanta, le rapporteur PS de cette commission mise en place il y a six mois.
Quelques 200 heures d'auditions ont été nécessaires, 190 entretiens ont été menés auprès des membres des services de renseignements de la police ou de la justice et quatre ministres ont été auditionnés. Un travail qui a permis la mise en évidence de plusieurs failles, notamment dans le fonctionnement et la coopération des services de renseignements.
Agence nationale contre le terrorisme
"Il n'y a pas eu de gros ratés", note le rapporteur de la commission parlementaire. "Notre pays n'étais pas préparé, maintenant il faut se préparer", estime toutefois le président de cette commission, Georges Fenech, député LR. Ainsi, les parlementaires proposent 39 mesures pour renforcer la lutte contre le terrorisme. La première d'entre elles est la création d'une agence nationale de lutte antiterroriste.
"Les deux grands patrons du renseignement ont reconnu pendant leurs auditions que les attentats de 2015 représentent un 'échec global du renseignement'", révèle Sébastien Pietrasanta. "C'est un échec quand il y a un attentat", confirme Georges Fenech.
Rappelant les cas de Saïd Kouachi, dont la surveillance a été levée lorsqu'il a quitté Paris, d'Amedy Coulibaly, dont son suivi après sa sortie de prison est emblématique des failles du renseignement pénitentiaire, de Samy Amimour, un des kamikazes du Bataclan qui a pu se rendre en Syrie malgré une interdiction de sortie de territoire, la commission estime qu'il faut désormais "des ambitions beaucoup plus élevées que ce qu'a mis en oeuvre jusqu'à maintenant le ministère de l'Intérieur en termes de renseignement".
Constat positif sur l'intervention des secours
Cette exigence dans le renseignement pourrait s'appuyer sur la capacité à collaborer entre les différentes forces d'intervention au soir du 13 novembre. "L'intervention des forces d'intervention a été rapide, efficace et a démontré qu'elles étaient capables de collaborer", précise Sébastien Pietrasanta qui s'interroge toutefois sur "le bien-fondé du maintien de plusieurs forces d'intervention spécialisées". Alors que le ministre de l'Intérieur avait annoncé en avril la suppression des divisions territoriales en cas d'urgence, la commission préconise "la fusion des trois forces d'élite" (GIGN, Raid et BRI).
Même constat globalement positif sur l'intervention des secours, confrontés le 13 novembre aux attentats les plus meurtriers jamais perpétrés en France, avec 130 morts et des centaines de blessés. Si la rapporteur avoue avoir d'abord été "très critique" sur la prise en charge des victimes dans la salle de spectacles du Bataclan et aux terrasses de cafés et restaurants parisiens visés par les attaques, il dit avoir été "convaincu" par les auditions notamment du directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch.
"Les secours ont été gérés dans les meilleures conditions possibles suivant les circonstances", approuve aussi Georges Fenech.
Le principal problème, selon la commission, a été l'évacuation des victimes, qui a pu être retardée par le fait que les secours d'urgence n'avaient pas accès au périmètre des forces d'intervention. Dans ses 39 propositions, qui devaient être formellement adoptées mardi matin, la commission préconise ainsi l'instauration de "colonnes d'extraction" des victimes avec des personnels lourdement armés de casques et de gilets par balles.











