Pourquoi l'Atsem soupçonnée de viols sur des enfants dans l'Hérault a été remise en liberté sous contrôle judiciaire

La remise en liberté sous contrôle judiciaire de l’Atsem, mise en examen pour viols et agressions sexuelles sur 9 enfants scolarisés dans une école maternelle de Vic-la-Gardiole (Hérault), a été ordonnée le 14 août dernier. Elle avait d'abord été placée en détention provisoire le 29 juillet.
BFMTV a pu consulter l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier, qui a décidé de cette remise en liberté.
"L'information débute, de nombreuses investigations restent à accomplir et les charges qui pèsent sur Mme F. sont ténues (...) Les obligations d'un contrôle judiciaire apparaissent proportionnées et suffisantes, au stade actuel de l'information", est-il écrit dans ce document de 20 pages.
"Elle est restée à la disposition des enquêteurs"
L'avocate d'Annie F. avait demandé son placement sous contrôle judiciaire en expliquant "qu'elle est restée à la disposition des enquêteurs après sa première garde à vue, qu'elle peut être hébergée en dehors du département et qu'il n'existe aucun risque de réitération puisqu'elle n'a jamais été condamnée."
Elle indique aussi que sa cliente avait été menacée de mort en détention et fait l'objet de menaces et d'insultes.
D'après les magistrats, l'Atsem présente toutes les garanties de représentation en justice. "Elle est restée à la disposition des enquêteurs à l'issue de sa première garde à vue".
Selon eux, elle a également toutes les garanties pour empêcher toute pression sur les témoins et victimes: "entre les deux gardes à vue, elle n'a pris contact avec aucun des parents ou des enfants scolarisés dans l'école maternelle où elle intervenait", expliquent-ils.
Elle a donc été libérée mi-août sous contrôle judiciaire, qui comprend une obligation de résider hors de l'Hérault, une interdiction de contacter les enfants et parents visés au réquisitoire introductif et d'exercer une activité impliquant un contact habituel des mineurs.
De nombreuses vérifications encore nécessaires
Les magistrats indiquent que les deux premières plaintes ont été déposées le 2 juillet dernier, par deux familles, dont les mères sont cousines. Une experte fait état, dans son rapport, d'une surinterprétation possible des faits par les parents d'une des victimes. Elle dit aussi que "certains des enfants ont déclaré avoir menti ou sont revenus sur leurs déclarations", incriminant même certains de leurs camarades.
Il ressort des auditions qu'Annie F, était considérée comme une "professionnelle reconnue" par l'équipe enseignante de Vic-la-Gardiole. "Certains parents ont confirmé que jusqu'aux dénonciations, ils la considéraient comme une bonne professionnelle."
"De nombreuses vérifications restent donc à opérer et notamment des examens gynécologiques que vont devoir subir ces très jeunes enfants, outre l'audition de leur entourage familial et de celui de madame", écrivent les magistrats.
Dans ce document, il est également question d'un groupe WhatsApp qui réunit des mères d'élèves. Certaines d'entre elles ont appris à travers ce groupe "les cas d'agressions sexuelles".
Aucune pathologie mentale détectée
L’Atsem, âgée de 59 ans, qui a un casier judiciaire vierge, nie les faits qui lui sont reprochés et se dit victime d’une "cabale politico-judiciaire". Au moment de son arrestation, elle exerçait dans cette école maternelle depuis un an, après onze années dans une autre école, à Montpellier.
Mère d'un fils de 32 ans, elle a partagé sa vie avec trois hommes et est une adepte du libertinage. Avant d'être Atsem, elle a été animatrice au club Med, hôtesse d'accueil, agent administratif puis assistante maternelle. L'expertise psychiatrique exclut toute pathologie mentale.
Elle a déposé plainte pour atteinte à l'intimité de sa vie privée, après avoir été prise en photo dans les rues de la commune par la mère d'un enfant scolarisé dans l'école maternelle.
Selon elle, la maire de la commune utilisait la police municipale pour la surveiller. Elle a également déposé une plainte contre cette édile pour abus de pouvoir.












