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Permission de sortir d'un narcotrafiquant de Vendin-le-Vieil: Xavier Bertrand appelle Laurent Nuñez à "surveiller" le prisonnier

BFM Juliette Moreau Alvarez
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Le président de la région Hauts-de-France demande, sur BFMTV et dans une lettre au ministre de l'Intérieur, de "surveiller" le narcotrafiquant ayant obtenu une autorisation de sortie pour un rendez-vous professionnel "du début jusqu'à la fin" de la journée.

"Il est impératif qu'il soit surveillé du début jusqu'à la fin sur l'ensemble de la journée", insiste Xavier Bertrand. L'un des 100 narcotrafiquants détenus dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a obtenu une autorisation de sortir de la justice dans le cadre d'un rendez-vous professionnel, a-t-on appris ce samedi 22 novembre.

"Ça ne suffit pas"

Une sortie que le président LR de la région Hauts-de-France juge mal encadrée: sur BFMTV ce dimanche 23 novembre, il exhorte Laurent Nuñez à mettre en place une surveillance continue pour chaque minute du détenu hors de sa cellule.

"Je demande au ministre de l'Intérieur qu'il y ait une surveillance de ce déplacement. Ce détenu va être accompagné soit d'un membre de sa famille, soit de son avocat et aussi d'un conseiller de probation. Ça ne suffit pas, vu la raison pour laquelle il est interné."

Le détenu en question, un quinquagénaire connu comme un "baron" de la drogue, a été condamné en 2012 et s'était évadé deux ans plus tard. Sa cavale avait duré deux semaines.

Il a obtenu une autorisation de sortie afin qu'il trouve du travail. Il doit rencontrer son potentiel nouvel employeur ce lundi 24 novembre, en région lyonnaise. Libérable en 2029, il espère obtenir un aménagement de peine.

Des "visioconférences pour éviter les extractions"

"La loi ne permet pas qu'il soit accompagné par des policiers", souligne Xavier Bertrand mais pour autant "il n'est pas question de le laisser sans surveillance". Le président des Hauts-de-France évoque notamment la possibilité de réaliser son entretien professionnel à distance.

"Dans la loi sur le narcotrafic qui a été promulguée voilà quelques mois, il est prévu qu'il y ait de plus en plus de visioconférences pour éviter les extractions. Donc il est impératif qu'il y ait un minimum d'extractions qui soient faites!", souligne-t-il.

Ce lundi matin, à l'aube de la sortie du prisonnier, l'entourage du ministre de l'Intérieur a confirmé auprès de BFMTV qu'"un dispositif est mis en place tout au long de sa sortie", sans plus de détails.

Le parquet avait fait appel de cette autorisation de sortie mais la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai a confirmé la décision. Le syndicat Ufap Unsa Justice dénonce de son côté, dans un communiqué, "une décision totalement déconnectée des exigences, des réalités et des contraintes imposées chaque jour aux personnels pénitentiaires".

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui a refusé de commenter "une décision individuelle d'un juge", a toutefois estimé que "notre cadre législatif d’application des peines doit être pleinement revu face aux réalités de la grande criminalité organisée".