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La procureure de Paris souhaite "plus d'enquêteurs" et de "magistrats" pour traiter les violences faites aux femmes

BFM P.Le. avec AFP avec AFP
La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, à Paris le 4 janvier 2020.

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, à Paris le 4 janvier 2020. - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

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Laure Beccuau souhaite "aller chercher les révélations des faits" hors des murs des commissariats, en prenant les plaintes au sein des services d'urgence par exemple.

La procureure de Paris Laure Beccuau a estimé, lundi 24 novembre, qu'il fallait "plus d'enquêteurs" et de "magistrats" pour traiter les violences faites aux femmes, à la veille de la journée internationale de lutte contre ces violences.

"Il faudrait plus d'enquêteurs. Il faudrait sans doute plus de magistrats pour répondre" en temps voulu à l'augmentation du nombre de dossiers, a affirmé Laure Beccuau sur RTL.

"On continue à constater ces violences extrêmes contre les femmes, en dépit d'une mobilisation qui date effectivement du temps de ce qu'on a appelé le Grenelle des violences conjugales", en 2019, et du mouvement #Metoo, a souligné la procureure de Paris. Elle a évoqué une "mobilisation des enquêteurs, des magistrats" qui "est au rendez-vous".

"Aller chercher la révélation des faits"

La magistrate a évoqué "l'une des grandes actions" qu'elle veut mener dans son parquet, à savoir "aller chercher la révélation des faits" qui étaient autrefois "peu connus, parce que les femmes ne déposaient pas du tout plainte".

Laure Beccuau a assuré que son parquet prenait désormais "des plaintes hors les murs, par exemple au sein des services d'urgence: on prend des plaintes, on prend des preuves, même quand (les femmes) ne veulent pas déposer plainte, on fait les prélèvements pour plus tard".

La procureure a aussi évoqué "une action en faveur des personnes d'un certain âge", "un phénomène qui n'est pas du tout pour le moment suffisamment repéré et donc ça veut dire plus de dossiers".

Alors qu'il y a eu en France quatre féminicides en une seule journée jeudi 20 novembre, Laure Beccuau a indiqué que ses services avaient traité une procédure à Paris pour des faits datant du week-end: "On n'est pas passé loin d'un féminicide. Le mis en cause va être déféré", c'est-à-dire présenté à un magistrat à l'issue de sa garde à vue.

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