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"Ils nous ont mis une cible dans le dos": l'Ifop annonce porter plainte contre deux députés LFI

BFM Ilyana Hamiti avec AFP
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Le directeur général Opinion du groupe Ifop a réagi ce lundi sur la polémique entourant leur sondage concernant l'état des lieux du rapport à l'islam. Une étude visée par plusieurs plaintes d'associations du culte musulmans.

Le directeur général Opinion du groupe Ifop, Frédéric Dabi, a annoncé ce lundi 24 novembre le dépôt d'une plainte contre deux députés LFI après les réactions suscitées par la publication d'un sondage de l'institut sur l'état des lieux du rapport à l'islam en France.

"L'Ifop a décidé de porter plainte contre deux députés de La France insoumise qui nous ont mis une cible dans le dos", explique Frédéric Dabi, précisant que cette plainte vise les députés LFI de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise Bastien Lachaud et Paul Vannier.

Une plainte déposée par des associations musulmanes

Plusieurs conseils départementaux du culte musulman en France ont annoncé dans un communiqué de presse avoir porté plainte contre X pour dénoncer le manque d'objectivité de ce sondage intitulé plus précisément "État des lieux du rapport à l'islam et à l'islamisme des musulmans de France" et publié le 18 novembre.

Ce sondage "viole le principe d'objectivité posé par la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et la diffusion des sondages d'opinion", se "fonde sur des questions orientées" et se "focalise sur des résultats minoritaires mis en avant à des fins polémiques", accusent les avocats Mes Raphaël Kempf et Romain Ruiz qui suivent cette affaire, dans un communiqué.

Selon eux, le sondage distille "le poison de la haine dans l'espace public", renforçant "les amalgames".

Le député LFI Paul Vannier a lui dénoncé une "opération de stigmatisation de nos compatriotes musulmans pilotée" par l'Ifop.

Le député Bastien Lachaud a quant à lui estimé - dans un message écrit sur ses réseaux sociaux - qu'"une fois de plus, on voit surgir un 'sondage' taillé sur-mesure pour fabriquer de la suspicion, de la stigmatisation et de la division". De son côté, l'extrême droite y a vu un signe d'"islamisation" après la publication de ce sondage.

Le directeur juge les réactions "excessives"

Pour le directeur général Opinion du groupe Ifop, les réactions sur ce sondage sont "excessives". "On ne s'attendaient pas à un tel déchaînement de violences, de calomnies, de contre-vérités, en décalage avec la mission de l'Ifop", a-t-il tenté de se justifier sur le plateau de BFMTV.

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"L'Ifop, ce n'est pas une enquête tombée du ciel", assure Frédéric Dabi qui explique que cette enquête "s'inscrit dans l'histoire de l'Ifop à savoir réaliser ces grandes enquêtes longitudinales sur les croyances et les pratique religieuses".

Prônant "des questions historiques" au sein du sondage, Frédéric Dabi défend également "une méthodologie extrêmement solide" pendant la construction des sondages de l'Ifop et assure que 15.000 personnes ont été sondées pour cette enquête.