Affaire Grégory: le contrôle judiciaire de Jacqueline Jacob assoupli

"C'est une première victoire même si on attend plus". C'est ce qu'a déclaré maître Frédéric Berna, avocat de Jacqueline Jacob qui a annoncé lundi que le contrôle judiciaire de sa cliente venait d'être assoupli par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon. Concrètement, cette décision de justice, qui tombe après la deuxième requête en ce sens de Jacqueline Jacob, signifie que la grand-tante de Grégory Villemin n'est plus strictement tenue de résider dans le Bas-Rhin et va pouvoir retourner vivre chez elle, dans les Vosges, dans sa maison d'Aumontzey.
Elle n'a pas le droit de voir son mari
En revanche, elle n'a pas le droit de se rendre en Haute-Marne où habite son époux Marcel Jacob, lui aussi sous le coup d'un contrôle judiciaire. Frédéric Berna est intervenu sur notre antenne. il s'est d'abord voulu optimiste, envisageant un sort judiciaire semblable pour Marcel Jacob sous peu: "Je ne doute pas que Marcel puisse obtenir dès sa prochaine audition les mêmes conditions et qu’enfin le couple sera réuni."
Il a ensuite évoqué sa cliente et ce nouveau rebondissement dans l'enquête, trente-trois ans après l'assassinat de Grégory Villemin, et six mois après la mise en examen de Jacqueline Jacob. "Le premier point c’est que Jacqueline Jacob s’est exprimée et que ce qu’elle déclare n’est absolument pas mis en défaut par les éléments du dossier. Je pense aussi, et c’est l’élément essentiel, que de nouvelles investigations sont entrées dans le dossier et que les éléments que Jacqueline Jacob martèle notamment sur son alibi ont été vérifiés et encore une fois, contrairement à ce qui a été affirmé par certains, cet alibi est extrêmement solide", a-t-il dit. Jacqueline Jacob, tout comme son mari, a toujours dit avoir été présente à l'usine au moment de l'enlèvement puis de la mort de l'enfant, participant notamment aux alentours de 17 heures à une réunion syndicale.
"Un très grand soulagement"
Maître Berna a fait remarquer qu'il n'était pas encore au courant des motivations de l'arrêté judiciaire et ne pas avoir encore pu parler à ce propos à Jacqueline Jacob. Cependant, il a lancé:
"Je suis convaincu que ça va être un très grand soulagement pour elle parce que nous l’avons vue vendredi lorsque nous sommes allés chez la juge. Il est vrai que l’interrogatoire qui s’était très bien passé avait grandement soulagé madame Jacob qui m’avait dit durant ce week-end qu’elle avait passé enfin un week-end à peu près correct parce qu’elle s’était sentie écoutée et comprise."
Vendredi dernier, la défense de Jacqueline Jacob avait jugé qu'écarter de son domicile cette femme de 73 ans n'était "pas adapté à la situation", avant d'élargir le propos aux deux époux: "On va les empêcher combien de temps de vivre chez eux? C’est quoi la présomption d’innocence en France?"
Jacqueline Jacob devra retourner régulièrement dans le Bas-Rhin
Jacqueline Jacob reste néanmoins soumise à des obligations importantes:
"Si elle peut retourner dans le département des Vosges, elle n’est pas moins toujours placée sous contrôle judiciaire, pointe Dominique Rizet. Non seulement elle ne peut pas rencontrer son mari, mais elle doit ‘pointer’ donc elle devra se rendre, en principe, chaque semaine dans le département du Bas-Rhin où elle résidait pour ‘pointer’ dans le cadre du contrôle judiciaire, ce qui ne va pas être très pratique pour elle."












