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Bétharram: un responsable de l'enseignement catholique annonce que le site "va fermer", une autre instance dément

BFM Astrid Bergere et AFP
L'établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantique, le 21 février 2025 (photo d'illustration).

L'établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantique, le 21 février 2025 (photo d'illustration). - Gaizka IROZ

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Deux ans après les révélations sur l'établissement Bétharram, le président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique a annoncé, ce jeudi 22 janvier, que l'établissement allait fermer ses portes. Une information démentie par le secrétariat de l'Enseignement catholique.

"Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l'histoire". L'institution Notre-Dame de Bétharram va fermer ses portes, a annoncé sur RTL ce jeudi 22 janvier, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec). Une information ensuite démentie par le secrétariat de l'Enseignement catholique.

"L'établissement Bétharram éclabousse par sa réputation l’ensemble de l’enseignement catholique. L’établissement Bétharram aujourd'hui vit avec une communauté éducative qui bosse, mais qui paye quotidiennement le poids d’un passé envoyé par quelques criminels", a déclaré le président de la Fnogec, précisant qu'"institutionnellement il va fermer, opérationnellement il va déménager".

Une information démentie par le secrétariat général de l'Enseignement catholique

Le secrétariat général de l'Enseignement catholique (SGEC) affirme par la suite, de son côté, qu'il "n'est pas question de fermeture de l'établissement à ce stade".

"L'Enseignement catholique "travaille collectivement à réunir toutes les conditions pour rétablir la confiance et la sérénité" dans cet établissement, explique-t-il dans un communiqué envoyé à l'AFP, estimant que "ce travail demande temps et discernement".

Au sein de l'Enseignement catholique, le secrétaire général de l'enseignement (Sgec), nommé par la Confédération des évêques de France, donne les orientations politiques, éducatives ou pastorales.

La Fnogec est, elle, la fédération nationale des Ogec (Organismes de Gestion de l'Enseignement Catholique), associations qui s'occupent de la gestion financière et de l'intendance de chaque établissement. Ces Ogec sont largement opérés par des bénévoles.

"Ça n'est pas une option"

Pierre-Vincent Guéret a indiqué sur RTL qu'il avait obtenu, l'été dernier, "de la tutelle de Bétharram qu’elle reconnaisse sa responsabilité".

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"Il y a un an, en tant que président de la Fnogec, j’écrivais que je ne pouvais pas cautionner le moindre crime, donc Bétharram va fermer, ça n'est pas une option", a-t-il ajouté.

Il resterait, d'après lui, désormais des questions techniques à régler. "La tutelle est internationale, donc il y a quelques subtilités de droit franco-italien pour que chacun assume bien sa responsabilité."

Un déménagement durant l'été?

D'après Pierre-Vincent Guéret, il ne devrait donc plus y avoir d'élèves dans cet établissement à la rentrée prochaine. "Il faut que Rome donne son accord, mais concrètement pour ouvrir un établissement et le déménager ça prend du temps, la logique c’est qu’à l’été il faut que ça soit fait", a-t-il précisé.

Le secrétariat général de l'Enseignement catholique ne semble pourtant pas sur la même ligne.

Dans son communiqué, le Sgec ajoute que "les réflexions conduites, sur le plan juridique, éducatif et financier, doivent permettre à l'ensemble de l'équipe éducative de se projeter durablement sur un projet éducatif renouvelé et ambitieux" et que "c'est ce projet éducatif, et lui seul, qui commandera d'examiner, le moment venu, si le maintien sur le site actuel (...) est la solution adaptée".

Plus de 200 plaintes déposées

De son côté, Alain Esquerre, le lanceur d'alerte qui a permis la libération de la parole des victimes de Bétharram et désormais porte-parole du collectif des victimes, a déclaré à BFM, après l'annonce par la Fnogec de la fermeture de l'établissement que c'était "la fin d'un lieu de souffrances où tant d'enfants ont été brisés, suppliciés et violés et de familles séparées". "Bétharram, c’est la colline où l’on aurait dû apprendre à prier, et où l’on a surtout appris à survivre", a-t-il également écrit.

Cette annonce intervient à la suite des révélations, il y a deux ans, de violences sexuelles et physiques intervenues dans l'établissement pendant plusieurs dizaines d'années. Plus de 200 plaintes ont été déposées depuis 2024.

"Je n’ai aucun respect pour des criminels d’aujourd’hui, ni la mémoire de ceux d’hier. C'est inadmissible et ils doivent payer. Je ne suis pas juriste, mais ils doivent payer jusqu’au bout pour les crimes qu’ils ont fait", a également affirmé Pierre-Vincent Guéret.