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"Je me suis dit: c'est à ce moment-là que je vais mourir": Isabelle Nanty revient sur son accident de voiture quatre mois après les faits

BFM S.H.
L'actrice et metteuse en scène française Isabelle Nanty pose pendant les répétitions de sa nouvelle pièce au Théâtre de la Comédie-Française à Paris, le 18 mai 2017.

L'actrice et metteuse en scène française Isabelle Nanty pose pendant les répétitions de sa nouvelle pièce au Théâtre de la Comédie-Française à Paris, le 18 mai 2017. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

L'actrice de 64 ans s'est confiée à RTL, sur son accident de la route survenu quatre mois plus tôt. Un événement qui a failli lui coûter la vie.

Fracture de la cervicale 2 et dix côtes cassées. Isabelle Nanty dresse son bilan de santé, quatre mois après l'accident de la route qui a bouleversé son existence.

12 septembre 2025. L'actrice de 64 ans est de retour d'un tournage à Aurillac, conduite par un chauffeur privé. Sur l'autoroute A10, près du péage de Saint-Arnoult dans les Yvelines, le véhicule fait une sortie de route: "Dans mon souvenir, tout d'un coup, ça fait boum boum, blam blam, des tonneaux, des éclats de verre, une sidération", raconte-t-elle à RTL ce mardi 27 janvier.

"Je n'ai eu ni peur, ni mal. J'ai tout de suite essayé de bouger mes pieds et mes mains, ça marchait. J'avais beaucoup de mal à respirer parce que j'avais dix fractures aux côtes et le sternum enfoncé par la ceinture, qui m'a sauvée."

L'accident est grave, et Isabelle Nanty en est consciente. "Je me suis dit 'c'est à ce moment-là que je vais mourir'", confie l'actrice. Ses blessures, découvertes à l'hôpital militaire de Percy, auraient pu laisser de fortes séquelles. Car, explique-t-elle, "la cervicale numéro 2, normalement, c'est la mort ou la tétraplégie".

Rentrée chez elle depuis une dizaine de jours, Isabelle Nanty porte toujours une minerve et poursuit sa rééducation. "On commence à me retirer le corset. Je vais commencer à bouger la tête, déclare-t-elle. Je fais aussi de la neuropsy pour me réapprendre à me concentrer, réexercer ma mémoire, parce que j'ai un petit peu des troubles de l'attention. J'ai été un peu sonnée, quand même."

"Des corps qui souffrent"

L'actrice témoigne sa reconnaissance envers le personnel de santé qui l'a "dorlotée et obligée à arrêter". "J'étais depuis deux ans dans une suractivité. Je ne disais jamais non, je faisais tout ce qui était à faire. Et en fait, à un moment, on vous invite à y réfléchir."

Sa convalescence, dit-elle, elle la doit autant aux soignants qu'aux co-patients: "L'environnement, dans lequel j'étais, ne me permettait pas de me la raconter. On n'est pas à égalité de blessure, mais on est à égalité de soi avec soi. Et aussi, socialement, on n'est que des corps qui souffrent. Ce sont les âmes qui se parlent et qui se soutiennent".

La comédienne assure aussi ne pas vouloir porter plainte contre le chauffeur à l'origine de l'accident, qui n'avait plus de points sur son permis depuis 2018. "J'ai rencontré des gens tellement géniaux que je serais indigne de me mettre dans un combat qui est indigne de ces gens que j'ai rencontrés. Les gens se battent avec ce qu'ils peuvent dans leur vie pour travailler. Il n'a pas voulu me mettre dans cet état", explique-t-elle.

La comédienne prévoit de terminer la série TF1 qu'elle tournait avant l'accident "avec les capacités" qu'elle aura, et se donne jusqu'à fin mars avant de retourner sur un plateau. "Une chose est sûre, j'ai envie de rire, j'ai envie de voir mes amis, j'ai envie d'être avec ma fille, j'ai envie de vivre et de trouver une bonne plage où je pourrais aller faire un bon bain de mer, confie-t-elle. C'est mon premier truc que je ferai quand je pourrais".