"Époustouflant", "virtuose": "Une bataille après l'autre" avec Leonardo DiCaprio éblouit la critique

C'est suffisamment rare pour être souligné. Le dixième long-métrage de l'Américain Paul Thomas Anderson, marquant le retour sur le grand écran de Leonardo DiCaprio après Killers of the flower moon de Martin Scorsese en 2023, semble mettre tout le monde d'accord. De sa mise en scène à la prestation de ses acteurs, en passant par son scénario virevoltant, Une bataille après l'autre emballe la critique.
Du côté du Parisien, on se demande carrément si ce western à la cool, mais haletant, sur les routes onduleuses des États-Unis n'est pas "le meilleur film de l'année". Du moins, "sans doute le plus grand long-métrage de Paul Thomas Anderson", affirme le quotidien.
La dernière œuvre du cinéaste de Licorice pizza, There will be blood, Phantom Thread, Punch-Drunk-Love ou Magnolia, qui a bénéficié d'un budget compris entre 130 et 175 millions de dollars selon IMDb, pourrait, selon le New York Times, "décrocher des nominations dans toutes les catégories et enfin offrir à PTA (le surnom du cinéaste) l’Oscar suprême".
Ce western à cheval entre la comédie et le thriller, très librement adapté du roman Vineland de Thomas Pynchon - PTA avait déjà mis en images un autre de ses livres, avec Inherent Vice en 2014 -, narre l'histoire d'un ancien révolutionnaire d'extrême-gauche noyé dans l'alcool et la drogue (Leonardo DiCaprio) à la recherche de sa fille (Chase Infiniti), kidnappée par son vieil ennemi, le colonel Lockjaw (Sean Penn).
Course-poursuite déjà culte
Son scénario, déjà, a tout du génie: "La première courte partie historique du film met déjà une claque en termes de folle énergie et de reconstitution léchée, et la suite va crescendo. Jusqu’à une infernale poursuite finale en voiture qui va marquer l’histoire du cinéma", lâche tout simplement Le Parisien.
"Le tout est visuellement sublime, capturé en Vista Vision [...] Un effet qui, loin d’être gadget, donne une amplitude folle à certaines séquences, dont celle inoubliable – et très référencée Nouvel Hollywood – d’une course poursuite sur une grande route vallonnée, où toute la tension réside dans ces plans rapprochés où l’on voit la route apparaître et disparaître au gré des crêtes", commente, ébloui, Trois Couleurs. Même son de cloche chez 20 minutes, pour qui PTA orchestre "des séquences d’action au service d’une intrigue jouissive".
De l'autre côté de l'Atlantique, Variety célèbre "une masterclass captivante qui manie l’absurde, la satire et le suspense". "J’ai ri aux éclats tout au long du film, c’est probablement le film le plus drôle d’Anderson, et à la fin, j’étais tellement ému que j’en pleurais", confie Brett Arnold, du podcast américain Roger (Ebert) & Me. Pour le quotidien britannique Le Guardian, One Battle after another est un "film de contre-culture palpitant et déjanté".
Le réalisateur Steven Spielberg a été un des premiers à crier au génie: "Tout est vraiment incroyable. C'est un tel mélange de choses à la fois si bizarres et si pertinentes."
L'Amérique d'aujourd'hui
Pas uniquement "remarquable" sur sa forme, Une bataille après l'autre livre aussi un tableau "visionnaire" de l'Amérique. Pour Télérama, le cinéaste de 55 ans "regarde l’Amérique dans les yeux", tandis que pour Les Inrocks, "PTA signe le portrait ébouriffant d’une Amérique chaotique et violemment polarisée", ce qui en fait son "grand film épique et politique".
Selon le mensuel, le thriller "cristallise, dans un geste follement séduisant, toutes les névroses politiques de l’époque: militantisme violent, suprémacisme blanc, conflit générationnel. Alors que le régime en place vient, sur la dépouille fumante de Charlie Kirk, de relancer une chasse aux sorcières d’inspiration maccarthyste, Une bataille après l’autre nous embarque [...] aux basques d’un groupe d’activistes d’extrême gauche"
Pour FranceInfo, le cinéaste use des codes du blockbuster pour "dénoncer les dérives suprémacistes de l'Amérique de Trump" et livrer "un film profondément humaniste", qui ne "lâche jamais ses personnages".
"Paul Thomas Anderson nous parle aussi de l’Amérique d’aujourd’hui — avec une certaine nostalgie pour celle d’hier — et des dangers qu’elle court avec ses extrémistes de droite aussi timbrés et dangereux que des nazis, et ses milliardaires MAGA [...] complotant dans l’ombre pour "nettoyer" le pays de tout ce qu’ils exècrent, migrants, noirs, gauchistes, pauvres…", relate Le Parisien.
Mais Première rassure: PTA n'assène pas ici un cours d'histoire-géo ni un prêchi-prêcha politique, il brouille les repères "pour inventer une vision poétique de l’histoire US, un court-circuit temporel mêlant références d’hier et d’aujourd’hui, La Bataille d’Alger et Black Lives Matter, le prophète soul Gil Scott-Heron et la rappeuse Junglepussy".
"Grand spectacle"
Pour Première le film est un "grand spectacle du samedi soir" à "l'énergie démente", recelant de gags, de suspense, d’émotion, de courses-poursuites flingues à la main et pied au plancher". Ou, plus simplement, "un divertissement splendide et profond, alarmant et drôle" pour Télérama.
Servi qui plus est par des comédiens au sommet de leur art. "PTA offre des rôles en or à des acteurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes", résume Le Parisien. Que ce soit les seconds rôles, portés par Benicio Del Toro, Teyana Taylor ou la jeune Chase Infiniti, dont c’est la première apparition au cinéma, ou les partitions des stars Leonardo DiCaprio et Sean Penn, tous livrent des performances sidérantes.
"DiCaprio est au sommet de son art. Teyana Taylor est remarquable. Chase Infiniti est une révélation. Elle vole la vedette", résume Variety.
Pour Le Parisien, Leonardo DiCaprio "campe magistralement un Bob en robe de chambre du début à la fin, dépassé par les événements mais d’une détermination sans faille pour retrouver sa fille, rééditant l’exploit de rendre attachant un antihéros hors norme voire peu engageant au départ". La star de Titanic n'est autre qu'un "interprète virtuose des tréfonds de l'âme humaine", aux dires de FranceInfo.
À ses côtés, Sean Penn, "presque méconnaissable physiquement en militaire pervers et glaçant", livre "l’une de ces partitions phénoménales qui ont fait sa réputation". Les deux stars semblent donc en pôle position dans la course aux Oscars. Et pour Le Monde, PTA est le "surdoué d'Hollywood", et basta. Personne ne le contredira.











