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BD: la réorganisation du festival d'Angoulême est une "impasse", selon Anouk Ricard, Grand prix 2025

BFM C.L avec AFP
L'autrice de BD et illustratrice Anouk Ricard, Grand Prix d'Angoulême 2025

L'autrice de BD et illustratrice Anouk Ricard, Grand Prix d'Angoulême 2025 - Exemplaire

La lauréate du Grand prix du festival en 2025 s'est indignée de la proposition de gestion partagée de l'événement. Elle dénonce un "manque de considération" et confirme son boycott de l'édition 2026.

La proposition d'une gestion partagée du festival de BD d'Angoulême, qui associerait son très contesté délégataire actuel, est une "impasse", a déclaré lundi à l'AFP Anouk Ricard, lauréate du Grand prix en 2025.

"Je suis effarée comme tout le monde de ce manque de considération, avec cette proposition qui est une impasse", précise l'autrice-dessinatrice, qui a reçu en janvier à Angoulême la plus haute distinction internationale de la BD et se dit "confortée" dans sa décision de boycotter la prochaine édition.

"Je ne sais pas si ça va mettre en péril le festival mais ils ont réussi à réunir contre eux pratiquement toute la profession", dit-elle dans une déclaration écrite envoyée à l'AFP.

Crise de confiance avec 9e Art+

À l'issue d'un appel d'offres critiqué pour son opacité, l'association propriétaire du festival de BD d'Angoulême a proposé ce samedi 8 novembre de reconduire la société 9e Art+, qui gère l'évènement depuis 2007, en lui demandant toutefois de s'associer avec la Cité internationale de la BD pour organiser les éditions à compter de 2028.

Cette proposition a provoqué une levée de boucliers d'une très grande partie du secteur de la BD, après une édition 2025 marquée par une grave crise de confiance avec 9e Art+, accusée de dérives commerciales, d'opacité et d'avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024.

Auprès de l'AFP, Anouk Ricard, 54 ans, sacrée à Angoulême pour son oeuvre décalée et absurde, évoque une "longue liste" de griefs contre le festival, dont "le prix des entrées, le mépris des auteur.ices, le manque de transparence, le manque d'écoute". "Difficile de dire ce qui dérange le plus", note-t-elle.

Poids lourd du secteur, le syndicat national de l'édition (SNE) a réclamé samedi "une clarification" sur la réorganisation en cours du festival et de la "transparence", faute de quoi il boycotterait les éditions postérieures à 2026.