Plusieurs faits pédocriminels signalés dans les écoles parisiennes, 16 animateurs périscolaires suspendus depuis janvier

Plusieurs écoles parisiennes secouées par des scandales de violences sexuelles. Une quinzaine de dossiers ont été ouverts pour des faits de pédocriminalité dans des établissements de maternelles et de primaire de la capitale, visant en grande majorité des animateurs de périscolaire.
En octobre 2024, Béatrice apprend que sa fille et huit de ses camarades de CM2 sont victimes de harcèlement sexuel. Un animateur leur déclare régulièrement "vouloir leur faire des bisous partout", leur fait écouter des affaires criminelles de viol et profite de câlins pour toucher leur poitrine.
"Elles ont été très courageuses parce qu'elles aimaient bien cet animateur", confie Béatrice à BFMTV. "Ma fille a dit très clairement que c'était de plus en plus fréquent et de plus en plus fort."
"On ne sait pas, si les filles n'avaient pas parlé, jusqu'où ça aurait été", ajoute la mère de cette jeune victime. L'animateur a été aussitôt suspendu par la circonscription des affaires scolaires de la ville de Paris (Casp). Il sera jugé au printemps.
Des signalements "sans réponse"
Mais les parents, quant à eux, sont restés seuls avec leurs questions malgré plusieurs réunions. "L'animateur était en place depuis plus de dix ans je crois, comment on n'a pas pu voir ce qu'il se passait?", demande Béatrice.
"La Casp a d'emblée minimisé. Les enfants n'ont pas été considérés." Pourtant, le phénomène n'est pas isolé: depuis le début de l'année 2025, 16 animateurs et trois enseignants ont ainsi été suspendus. La ville de Paris a décidé en ce mois de novembre de réagir en lançant son plan de lutte contre les violences faites aux enfants.
L'association SOS Périscolaire dénonce un problème systémique et la loi du silence qui règne dans le milieu. "Il n'y a aucune formation, ce n'est pas considéré comme un métier, et en plus il y a des gros problèmes de dysfonctionnement dans les chaînes de remontées", note Élizabeth Guthmann.
"Nous, on a très régulièrement des témoignages d'animateurs et animatrices qui sont en extrême souffrance parce qu'ils ont parfois signalé, sans réponse", ajoute Anne, également membre de l'association. "C'est pour ça que souvent, ça ne peut venir que des parents, in fine, une fois qu'il y a eu des victimes."
La cheffe du parquet des mineurs de Paris, Lisa-Lou Wipf, a révélé ce week-end chez nos confrères de Libération faire face "à une recrudescence importante du nombre de signalements pour des violences sexuelles". Et de poursuivre: "en 2025, quinze enquêtes ont été ouvertes pour des faits d’agressions sexuelles dans des écoles maternelles parisiennes sur des enfants de moins de 5 ans". Un chiffre confirmé à BFMTV par le parquet de Paris, qui précise qu’au "moins 5 d’être elles" sont situées dans le 11e arrondissement de la capitale.
Un plan d'action lancé par la ville
Le plan d'action de la mairie de Paris implique deux jours de formation pour les animateurs et la création d'une commission collégiale d'instruction des signalements. Toute accusation d'un enfant mettra également fin immédiatement à leur contrat.
Ce mardi 25 novembre, un autre animateur âgé de 35 ans visé par une enquête comparaît devant la Justice pour agressions sexuelles sur cinq enfants de maternelles, harcèlement sexuel de deux de ses collègues, et agression sexuelle au préjudice d’une de ses collègues.
En parallèle, le candidat PS à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a révélé ce lundi 24 novembre sur France Inter avoir été victime de violences sexuelles dans le cadre périscolaire lorsqu'il était écolier, dans l'espoir de contribuer à la libération de la parole sur ce sujet.
"L'actualité très pesante que l'on observe m'invite à parler très librement, très sincèrement, en espérant d'ailleurs contribuer à libérer la parole d'un certain nombre d'enfants, que ce soit dans le recueil de la parole par leur famille, par l'institution, qu'elle soit de la responsabilité de l'éducation nationale ou de la ville, pour faire en sorte que ça n'arrive plus", a-t-il déclaré sur la radio publique.











