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"Non, ça ne va pas s'effondrer": l'architecte chargé du Louvre rassure après la fermeture d'une galerie du musée

BFM Juliette Moreau Alvarez
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Après l'évacuation de bureaux et la fermeture au public de la galerie Campana, l'architecte en charge du musée du Louvre François Châtillon tient à rassurer dans un contexte très alarmiste pour le musée le plus visité du monde.

Un bâtiment aussi fragile que sa sécurité. Une galerie du Louvre, la galerie Campana, a été fermée préventivement au public ce lundi 17 novembre, ainsi que plusieurs autres espaces de travail situés au deuxième étage de l'aile sud du musée parisien. En cause: une "fragilité de certaines poutres portant les planchers" de cet étage occupé par les salariés.

Néanmoins, l'architecte en chef des Monuments historiques en charge du musée du Louvre tient à rassurer: "non, ça ne va pas s'effondrer", assure-t-il ce mardi 18 novembre sur BFMTV. "C'est une mesure préventive."

C'est un rapport, reçu vendredi 14 novembre, qui a montré les mouvements des appuis de poutres. Mais les "faiblesses" et la "vétusté" du plancher étaient "connus" depuis plusieurs années, souligne François Châtillon, d'où les observations régulières du quadrilatère Sully. Les derniers travaux d'aménagement de ces planchers datent de 1937.

Le problème est "assez classique dans les monuments historiques", assure l'architecte. "On est dans des précautions, ce qui est d'usage dans les monuments historiques. Il faut surtout aller voir les causes et déterminer ensuite quel type de confortement il faudra faire."

Mais François Châtillon l'assume, des travaux sont nécessaires et ce n'est pas une découverte. Le projet "Louvre Nouvelle Renaissance", annoncé par Emmanuel Macron en début d'année, a par ailleurs "pour priorité la remise en état, la modernisation technique et la revitalisation de cet ensemble patrimonial et historique majeur qu'est le quadrilatère Sully", note le communiqué du Louvre.

Des travaux très importants sont annoncés dans le cadre de ce projet, nécessitant de fermer des secteurs du musée à l'avenir. "C'est sûr que quand on va s'attaquer à la cour carrée, il va y avoir au moins trois ailes sur quatre qui vont être fermées pendant un certain temps. C'est un chantier important mais nécessaire et prévu."

"Un effet de surenchérissement"

Également invité à l'antenne de franceinfo, François Châtillon insiste sur la nécessité de ne pas généraliser l'état du Louvre à ses points de fragilité. "Le Louvre, c'est comme un quartier de Paris. Dans un quartier, il y a des maisons en bon état, d'autres en moins bon état, il y a des artères bouchées... D'où la nécessité absolument de faire une nouvelle entrée. Il ne faut pas tout mélanger et raccourcir", compare-t-il.

"Évidemment, ça tombe très mal pour le Louvre, il y a un effet de surenchérissement", admet l'architecte en chef à la radio. Le musée est en effet au cœur de l'actualité internationale depuis plusieurs semaines après un vol de bijoux à hauteur de 88 millions d'euros qui a révélé des failles dans la sécurité de l'édifice. François Châtillon appelle à "garder son calme".

Selon le fondateur du magazine La Tribune de l'Art Didier Rykner, la fermeture de la galerie Campane ne changera toutefois que très peu de choses pour les visiteurs. "Elle est fermée très souvent parce qu'il n'y a pas de gardiens." La présidente-directrice du Louvre, Laurence des Cars, sera quant à elle auditionnée par les députés en commission des affaires culturelles à partir de 9h30.