Paris: les internes en médecine manifestent pour ne pas dépasser "48 heures par semaine"

Rassemblement d'internes en médecine pour protester contre leur charge de travail depuis le début de la pandémie de Covid-19, le 17 avril 2021 devant le ministère de la Santé à Paris. (image d'illustration) M - Thomas SAMSON © 2019 AFP
Vêtus de blouses blanches, les manifestants se sont élancés vers 14 h de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris vers le ministère de la Santé, à l'appel de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni).
Des temps de travail largement dépassés
Certains portaient des autocollants "48 heures de grève pour 48 heure par semaine. Décompte horaire", ou des pancartes "48h internes épuisés, patients en danger!".
"On fait 48 heures de grève car c'est la limite hebdomadaire de travail dans la loi. Après cette limite, ça devient dangereux pour les soignants, pouvant entraîner des burn-out, des dépressions. On est aussi dangereux pour les patients. On tient à peine debout, impossible de faire des gestes techniques", a expliqué Gaétan Casanova, président de l'Isni, dénonçant "l'épuisement professionnel".
"Je travaille énormément, souvent beaucoup plus que 48 heures par semaine. Quand j'étais aux urgences pédiatriques, mon record c'était 92 heures", a raconté Pauline, 28 ans, interne à Lille.
"Lors d'une garde un dimanche à 5 heures du matin, j'ai été réveillée alors que je venais de me coucher 30 minutes avant. Je n'avais pas les yeux en face des trous. Un enfant est venu pour des vomissements, j'ai pensé à une gastro et je n'ai pas vu les autres symptômes, alors qu'il avait en réalité une hépatite aiguë. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que je pouvais être dangereuse. C'est la preuve que quand vous travaillez pendant 22 heures, vous êtes un zombie".
Épuisement professionnel
"Je veux que la situation des internes en médecine s'améliore. J'ai une fille qui s'est suicidée en prenant des médicaments suite à un épuisement professionnel", a témoigné Laurence Marbach, qui a fondé l'association Lipseim (Ligue pour la santé des étudiants et internes en médecin) pour faire de la prévention.
Les manifestants entendaient aussi dénoncer "la pression, avec des assignations abusives et du chantage des chefs par rapport aux diplômes", a expliqué Gaétan Casanova.
"Certains professeurs outrepassent leurs droits en demandant tout et n'importe quoi. Il y a une très grosse pression", a renchéri Carole Decaester, dont le fils Laurent s'est suicidé à 30 ans, après dix ans d'études de médecine.











