BFM

Hauts-de-Seine: ce que l'on sait de l'agression d'une enseignante par d'anciens élèves à Fontenay-aux-Roses

BFM Emilie Roussey
placeholder video
Une enquête a été ouverte en flagrance par le parquet de Nanterre après l'agression d'une enseignante devant trois classes de collégiens à Fontenay-aux-Roses le mardi 25 mars.

Une enseignante d'EPS du collège des Ormeaux à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) a été victime "d'une violente agression" par d'anciens élèves ce mardi 25 mars, a alerté la communauté éducative de l'établissement dans une tribune. Le parquet de Nanterre a indiqué à BFMTV avoir ouvert une enquête en flagrance.

• Une agression verbale et physique devant trois classes

Dans leur tribune, les personnels du collège expliquent que l'agression s'est déroulée à l'extérieur de l'établissement scolaire, alors que l'enseignante était "en charge de sa classe". Elle venait de demander à "plusieurs reprises" à trois jeunes de partir du terrain synthétique et confisquer leur ballon quand elle a été agressée.

"Ils l'ont attaquée verbalement puis physiquement. Après de nombreuses insultes, les agresseurs lui ont sauté dans le dos, se sont accrochés à son cou dans un but de strangulation, et lui ont asséné plusieurs coups en la poursuivant sur une cinquantaine de mètres; ils ont jeté ensuite son sac et son contenu dans la boue", racontent les personnels enseignants.

L'agression s'est déroulée devant trois classes, soit 78 collégiens. La tribune collective assure que certains d'entre eux ont encouragé verbalement les agresseurs, lançant "c'est bien fait pour elle, cette sale p*te".

L'agression a été interrompue par l'intervention de deux collègues de l'enseignante et de la police municipale. L'une d'elle a été blessée alors qu'elle essayait de récupérer le téléphone d'un agresseur qui filmait la scène.

Les cours ont été annulés le lendemain de l'agression, le mercredi 26 mars. Un mail a été envoyé aux parents d'élèves pour leur expliquer la situation.

• Une enquête ouverte en flagrance

Le parquet de Nanterre a annoncé à BFMTV qu'une enquête en flagrance a été ouverte. Il a également reçu un signalement de l'établissement scolaire. Aucune garde à vue n'est en cours ce vendredi soir.

Le rectorat a aussi annoncé que la protection fonctionnelle de l'enseignante a été mise en œuvre et qu'une procédure disciplinaire est en cours pour l'un des agresseurs, encore élève du collège.

Laurent Vastel, maire UDI de Fontenay-aux-Roses, a indiqué ce vendredi soir sur notre antenne que les deux autres élèves ont récemment été exclus de l'établissement. D'après le préfet des Hauts-de-Seine, les agresseurs étaient connus des services de police.

• Des élèves "dans un profond état de choc"

Dans leur tribune, les enseignants expliquent que de nombreux élèves sont dans "un profond état de choc". Une cellule d'écoute a été activée au sein de l'établissement pour les enseignants et les élèves.

"Aujourd'hui, ça va mieux. On nous a dit que notre prof allait bien, mais sur le coup, on a eu très peur pour elle", a témoigné une élève au micro de BFMTV.

"Ils ont commencé à lui tirer le tee-shirt et à un peu l'étrangler, ils ont essayé de la pousser au sol. Ça a été hyper violent", a raconté une autre collégienne, précisant que la scène a été filmée "de A à Z" par l'un des agresseurs. "C'est intolérable", ajoute un autre élève.

• Les professeurs en état "de profonde sidération"

Le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a pu échanger avec l'enseignante agressée au téléphone dans la matinée de ce vendredi 28 mars. "Elle va bien physiquement, mais mentalement, elle a pris un sacré choc", a-t-il indiqué sur BFMTV.

Dans leur tribune, les personnels du collège ont expliqué être en état de "profonde sidération". Ils ont aussi tiré la sonnette d'alarme et demandé "une augmentation urgente" de leurs "moyens d'actions et d'encadrement" afin d'assurer leurs "missions les plus fondamentales dans des conditions décentes".

"Nous ne sommes plus en mesure d'assurer pleinement la sécurité des élèves", ont-ils alerté.

Dans un communiqué consulté par BFMTV, l'académie de Versailles s'est dite "pleinement mobilisée pour garantir des conditions de travail sereines aux équipes éducatives" et "sera particulièrement attentive à la situation de cet établissement dans le cadre du déploiement du plan Tranquillité scolaire".

• Bruno Retailleau appelle à "punir" les auteurs de l'agression

Le Premier ministre François Bayrou a adressé ce vendredi "un mot de solidarité et une pensée" à la professeure agressée.

C'est "un indice de plus que ce métier n'est pas tout à fait un métier facile, c'est un métier au croisement de toutes les tensions de la société et de toutes les dérives de la société aussi", a-t-il déclaré.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a appelé à "trouver celles et ceux qui ont fait ça" et à "les punir car l'école doit être protégée". "L'école doit être un sanctuaire, c'est le cœur battant de la République, ce n'est pas un lieu où il doit y avoir des rixes ou des armes", a-t-il plaidé.

Quant au maire UDI de la commune, Laurent Vastel, il a dénoncé la situation des professeurs qui sont "de plus en plus souvent face à des comportements violents de certains élèves", et ce "dès le CM1/CM2".