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Cycliste tué à Paris: un rapport d'expertise contredit la version du conducteur

BFM Emilie Roussey
Un rassemblement en hommage à Paul Varry, un cycliste tué à Paris le 19 octobre 2024

Un rassemblement en hommage à Paul Varry, un cycliste tué à Paris le 19 octobre 2024 - Bertrand GUAY / AFP

Après avoir mortellement écrasé un cycliste en octobre dernier, l'automobiliste mis en cause a dit avoir "perdu le contrôle de son véhicule". Mais un rapport d'expertise récemment publié contredit cette version des faits.

Sa version des faits est mise à mal par des experts. Sept mois après la mort d'un cycliste tué par un automobiliste à Paris, un rapport d'expertise publié le 12 mai éclaire les circonstances des faits et contredit la version jusqu'ici défendue par le conducteur, révèlent Le Figaro et Le Parisien qui ont eu accès au document.

Le 15 octobre dernier, alors qu'il circulait à vélo dans le 8e arrondissement de Paris, Paul Varry s'est fait écraser le pied par une voiture qui remontait la piste cyclable. Le jeune homme de 27 ans a donné un coup sur le capot du véhicule pour alerter le conducteur et a manifesté son mécontentement. Le conducteur a reculé avant d'avancer et d'écraser le cycliste.

Pour expliquer les faits, l'homme au volant du SUV a indiqué avoir "perdu le contrôle de son véhicule", expliquait son avocat après les faits. "Il ne se l'explique pas, il ne comprend pas", avait-il ajouté, expliquant qu'il niait "toute intention de tuer". Âgé de 52 ans, l'automobiliste a été mis en examen pour "meurtre" et placé en détention provisoire.

Des mouvements techniquement impossibles de manière autonome

Le rapport d'expertise publié il y a quelques jours révèle que plusieurs manoeuvres sont nécessaires pour réaliser les mouvements du véhicule qui se sont produits en octobre dernier.

"Pour que MGLE400 démarre, il faut dans un premier temps que le conducteur pose le pied sur la pédale de frein, actionne le levier de commande pour le positionner sur D, relâche la pédale de frein (démarrage du véhicule) et ensuite accélère à l’aide de la pédale d’accélérateur", est-il expliqué dans le rapport.

"Le véhicule n’est pas techniquement en mesure d’accélérer et d’actionner le volant de direction de manière autonome", abondent les experts.

Une accélération "probablement soudaine et rapide"

Ils précisent aussi que le véhicule était "en bon fonctionnement" et que la présence du cycliste était "détectable de plusieurs manières". Il a par ailleurs poursuivi sa progression "malgré le changement d'assiette indiquant une anomalie" au moment où il a roulé sur le corps.

"L‘accélération probablement soudaine et rapide a dû surprendre" le cycliste qui n'a pas "initié une manœuvre d’évitement" ou alors "insuffisante pour éviter le contact", notent les experts.

La mort de Paul Varry avait donné lieu à de vives réactions. Le conseil de Paris avait observé une minute de silence pour lui rendre hommage. Un lieu de la capitale doit porter son nom et une plaque en sa mémoire sera apposée là où est survenu l'accident.