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Mayotte: la faune et la flore ravagées après le passage du cyclone Chido

BFM Antoine Forestier, Sonia Raynaud, Diamine Issa avec Hugo Septier
Une forêt de Mayotte détruite après le passage de l'ouragan Chido, janvier 2025

Une forêt de Mayotte détruite après le passage de l'ouragan Chido, janvier 2025 - BFMTV

Un mois après le passage du cyclone Chido, les conséquences sur l'environnement sont visibles et des dizaines d'années devraient être nécessaires avant un retour à la normale.

Des dégâts considérables. Plus d'un mois après le passage du cyclone Chido à Mayotte, qui a fait au moins 39 morts selon un dernier bilan, la population mahoraise a bien du mal à se reconstruire et retrouver un quotidien viable alors que de nombreuses habitations sont détruites et qu'une partie de la population est toujours privée d'électricité.

"Il est un peu tétanisé"

Et les dégâts ne semblent pas se limiter à la population humaine. Les observateurs de la faune et la flore locales tirent le signal d'alarme alors qu'une grande partie de la forêt de l'archipel a été détruite par les vents.

Parmi les animaux les plus touchés, le Maki, la mascotte de Mayotte, qui se rapproche de plus en plus des centre-villes afin de trouver de la nourriture.

"Les arbres ont perdu totalement leurs fruits pendant le cyclone. Les makis, qui sont des animaux assez opportunistes, se rapprochent des endroits où il peut y avoir une éventuelle source de nourriture", explique à BFMTV Michel Charpentier, responsable des naturalistes de Mayotte.
Un maki de Mayotte après le passage de Chido, janvier 2025
Un maki de Mayotte après le passage de Chido, janvier 2025 © BFMTV

Celui-ci est d'ailleurs stupéfait de voir bon nombre de ces lémuriens se déplacer seuls et être déboussolés. "Il n'a pas l'air dans son assiette", reprend le naturaliste, pointant un maki solitaire perché dans un arbre encore debout.

"Il est un peu tétanisé par ce qui lui est arrivé. On ne sait pas depuis combien de temps il est coupé de son clan. J’ai un petit peu de craintes pour son avenir", s'inquiète Michel Charpentier.

Les fonds marins détruits

Les dégâts causés par Chido ne sont d'ailleurs pas visibles que dans les forêts. Au sud de l’archipel, la plage de N’Gouja, à proximité de Chirongui, réputée pour la richesse de ses fonds marins, a subi de très gros dommages.

"Les coraux sont abîmés. Il y en a pas mal qui sont cassés", signale à BFMTV Céline, une locale qui se baigne ici depuis 20 ans.

Les coraux de Mayotte après le passage de Chido, janvier 2025
Les coraux de Mayotte après le passage de Chido, janvier 2025 © BFMTV

Cette espèce déjà en danger va mettre plusieurs années à se régénérer et François Bollé, membre de l’association Deep Blue Exploration, estime que cette perte de corail équivaut à "entre 15 et 20% en intérieur lagon."

"Ce qui est assez dramatique quand même, mais qui est assez minime au final par rapport à toute la surface qu’il peut y avoir sur Mayotte", temporise-t-il. Avant le passage de Chido, 70.000 touristes se déplaçaient sur l'archipel annuellement.

Projet de loi d'urgence

Plus d'un mois après les intempéries, les soignants de Mayotte continuent de faire face à un afflux important de patients. Et la tempête tropicale Dikeledi n'a pas amélioré la situation puisqu'elle a contraint les équipes sur place à démonter l'hôpital de campagne ESCRIM et le dispensaire. De fait, la situation sanitaire se dégrade encore plus.

En parallèle, le projet de loi d'urgence pour Mayotte, premier acte législatif du gouvernement de François Bayrou, a été adopté dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 février en commission à l'Assemblée nationale, malgré les nombreuses critiques des oppositions, qui le jugent insuffisant.

Le texte vise à accélérer les règles et les procédures en matière d'urbanisme pour permettre la reconstruction rapide de l'archipel dévasté. Il contient aussi des mesures sociales plus temporaires.