Famine, non-scolarisation... L'Unicef alerte sur l'aggravation des conditions de vie des enfants à Mayotte depuis le cyclone Chido
Des élèves d'une école de Mamoudzou, à Mayotte, le 18 août 2025. - Marine GACHET © 2019 AFP
Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido s'abatait sur Mayotte. Frappé par la tempête tropicale Dikeledi un mois plus tard, le plus jeune et le plus pauvre département français a connu "l’une des pires crises humanitaires de son histoire récente", écrit l'Unicef dans un rapport sur la situation des droits de l’enfant à Mayotte, publié ce mercredi 10 décembre.
Avec des vents atteignant près de 230 km/h, le cyclone Chido a détruit un quart des habitations et endommagé des infrastructures publiques, telles que les usines de traitement de l'eau. Selon l'Unicef, 50.000 personnes ont perdu leur logement et des milliers d'enfants se sont retrouvés à la rue, souvent sans eau et sans nourriture. Aujourd'hui, 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté à Mayotte.
Un faible taux de scolarisation
Alors qu'entre 5.379 et 9.575 enfants âgés de 3 à 15 ans n'étaient pas scolarisés avant le passage du cyclone Chido, la catastrophe naturelle n'a pas amélioré le taux de scolarisation à Mayotte. Au total, 40% des établissements scolaires ont été détruits ou endommagés par le cyclone, précise l'Unicef, qui s'inquiète de "l'aggravation de la situation déjà marquée par une forte non-scolarisation".
Si 100 millions d'euros avaient été alloués pour la reconstruction des établissements scolaires, l'Unicef regrette la lenteur des versements des aides et donc des travaux. Surtout qu'il manquait déjà 1.200 salles de classe environ sur le territoire mahorais avant le passage du cyclone, rappelle l'ONG.
Dans son rapport, l'agence des Nations unies pointe aussi la multiplication des risques épidémiques causés par l'accumulation des déchets du cyclone Chido. L'Unicef explique que "46% des cas de gastro-entérites post Chido concernaient des enfants de moins de 2 ans". Plus pauvre département de France, Mayotte a aussi vu la malnutrition infantile accroître. Sur cet archipel, la mortalité infantile atteint 8,9%, contre 3,7% en France hexagonale.
"7,66 milliards de dollars nécessaires"
Pour l'Unicef, l'urgence est devant nos yeux. Selon l'ONG, "7,66 milliards de dollars sont nécessaires de toute urgence pour pouvoir fournir, l’année prochaine, une aide vitale à 73 millions d’enfants, dans 133 pays et territoires" différents.
Les coupes budgétaires de certains gouvernements donateurs obligent aussi l'Unicef à revoir ses actions à la baisse, tandis que "l’intensification des conflits favorise les déplacements de masse et expose les enfants à de graves violations de leurs droits".












