Qu'est-ce que la leptospirose, cette maladie en pleine recrudescence en Guadeloupe?
Un rat dans un laboratoire. (Photo d'illustration) - Photo par FABRICE COFFRINI / AFP
La leptospirose poursuit sa propagation. Dans son dernier bilan, publié début novembre, l'Agence régionale de santé (ARS) guadeloupéenne a alerté sur la recrudescence des cas de cette maladie bactérienne.
Selon ce dernier bilan, une soixantaine de cas et un mort sont à déplorer depuis le début de l'année 2025, avec 22 cas observés rien qu'en Guadeloupe durant les mois de septembre et d'octobre derniers. Une maladie toutefois régulièrement présente aux Antilles où les "périodes d'humidité" saisonnières favorisent grandement sa recrudescence.
• Une zoonose, maladie attribuée aux animaux
Transmises à l'Homme lors d'un contact avec des milieux souillés par de l'urine animale contaminée (eau douce, eau stagnante, boue, piscicultures ou stations d'épuration), les bactéries leptospires à l'origine de l'infection se propagent ensuite dans l'organisme provoquant de violentes réactions sur le plan médical, selon l'Institut Pasteur.
La plupart du temps, ce sont les rongeurs comme les rats qui rejettent la bactérie dans l'environnement. Dans d'autres cas, ce sont les chiens ou les animaux d'élevage qui en sont à l'origine. À chaque fois en revanche, l'homme est ce que les autorités de santé appellent: "un hôte accidentel".
• Quels sont les symptômes de la maladie?
La leptospirose est une maladie particulièrement grave. Les séquelles qu'elle entraîne peuvent avoir d'importantes conséquences sur l'état de santé des personnes infectées. Dans sa forme la plus extrême, la leptospirose peut également entraîner la mort. Il est donc primordial de reconnaître les situations à risque pour endiguer les possibles transmissions.
Les premiers "signes" d'une infection à la leptospirose, comme le précise le ministère des solidarités et de la santé, apparaissent généralement entre 1 et 2 semaines après la contamination. Parmi les symptômes fréquents: une fièvre brutale, des douleurs articulaires, musculaires, abdominales ou encore de très forts maux de tête.
En cas de symptômes ou de doutes sérieux, les autorités sanitaires recommandent de consulter un médecin dans un délai très bref. Ceux-là peuvent en effet s'aggraver dans les jours suivant leur apparition et nécessiter une réponse médicale urgente.
Le principal risque étant en effet que l'infection se répande ensuite aux organes vitaux comme les reins, les poumons, le foie mais aussi, et cela peut être plus inquiétant encore, aux méninges.
• Comment s'en protéger ?
Les bactéries leptospires, microscopiques, peuvent survivre plusieurs mois en milieu extérieur humide, détaille le ministère des solidarités et de la santé dans son dépliant à destination de la population. De plus, elles peuvent aussi bien se trouver dans des eaux usées comme dans des eaux parfaitement claires et limpides, ce qui fait d'elles des 'ennemis' invisibles pour l'œil humain.
Les personnes aux professions ou pratiquant un loisir en extérieur, sont donc les plus exposées au risque de contracter la maladie. Ainsi, les baignades, la pêche, le nettoyage des égouts ou des abords d'étendues d'eaux stagnantes, la chasse, l'agriculture ou l'élevage sont autant d'activités susceptibles de faciliter le contact entre les leptospires et l'organisme de l'Homme.
Si un vaccin existe, il n'est efficace qu'à l'encontre d'une seule variété de bactéries. Pour autant, les autorités préconisent d'y avoir recours dans le cadre de certaines activités professionnelles en lien avec les milieux à risques cités précédemment. Il faut également faire attention aux plaies exposées à l'eau et éviter tout contact avec celle qui serait non potable.
"Il est important de penser à signaler les cas de leptospirose auprès des autorités. Recenser les cas est primordial, cela permet de savoir où se situe la dynamique de l'épidémie", conclut auprès de BFMTV l'épidémiologiste Eline Hassan, chargée d'étude scientifique à Santé publique France.











