Climat: la France pourrait-elle connaître un dôme de chaleur avec des températures extrêmes?

Les records pleuvent. Depuis maintenant plusieurs jours, le Canada et les États-Unis sont en proie à un exceptionnel coup de chaud en raison de la formation d'un dôme de chaleur, un phénomène courant mais inédit dans de telles proportions en Amérique du Nord. Mercredi, le village de Lytton, situé en Colombie britannique à quelque 250 km au nord-est de Vancouver, a établi un nouveau record absolu de chaleur pour tout le pays avec 49,6 degrés Celsius. Le village, en proie à un terrible incendie lié à ce phénomène, a été ravagé à 90% dans les heures qui ont suivi l'établissement de ce record.
L'intensité de ce phénomène pose de nombreuses questions, dont celle la possibilité de la formation d'un tel dôme au-dessus d'autres régions, par exemple l'Europe de l'Ouest. Contacté par BFMTV.com, Christophe Cassou, climatologue et directeur de recherche au CNRS, indique qu'un tel phénomène s'est déjà produit en France au cours du XXIe siècle.
"Ces circulations classiques, on les retrouve à différents endroits de la planète. En 2003, ce dôme a été responsable de la fameuse canicule en Europe de l’Ouest, avec les conséquences qui ont été très importantes. Ces circulations ne sont pas nouvelles, mais le changement climatique les amplifie", explique-t-il.
À quand un nouveau dôme en France?
Selon lui, il est actuellement impossible de prédire à quelle échéance le pays pourrait être touché par un tel phénomène. En revanche, il assure que cela arrivera, l'année prochaine ou d'ici plusieurs décennies.
"La France n‘est pas à l’abri d’un tel événement. L’occurrence est certaine, ça va arriver, on ne connaît pas le timing, tout dépend du niveau de réchauffement global de la planète. L’échéance va dépendre du niveau de la réduction des gaz à effet de serre que les activités humaines génèrent. On sait que ce type d’événements peut arriver, la probabilité est plus forte à mesure que le réchauffement augmente. On ne peut pas dire si c’est 2021 ou 2050", alerte-t-il.
Comme l'explique encore Christophe Cassou, si ces phénomènes restent marginaux, ils devraient en revanche se rapprocher dans le temps.
"Si on reprend le dernier gros événement caniculaire en France, en juin 2019, si on regarde la probabilité de subir cet événement, elle est faible, de l’ordre d’une fois tous les cent ans. On appelle ça des événements centennaux. Mais cette probabilité ou ce risque change à mesure du réchauffement. Avec un réchauffement de 1,5°C, il deviendra un événement décennal, ça veut dire qu’on aura 1 chance sur 10 d’avoir ce type d’événement. Si le réchauffement est de l’ordre de 2°C, alors le risque devient 1 chance sur 4. Si on dépasse 3°C, alors c’est 1 chance sur 2 et 1 chance sur 2, c’est la nouvelle normalité. Donc 46°C serait la nouvelle normalité", martèle-t-il.
Le réchauffement climatique en question
Le réchauffement climatique est d'ailleurs le point névralgique du sujet, puisque c'est ce dernier qui amplifie les températures au milieu de ces dômes. Cette semaine, le responsable de la plus grande expédition scientifique jamais menée au Pôle Nord avait averti d'un point de bascule vers un réchauffement irréversible sur Terre, tandis que le Haut Conseil pour le climat jugeait "insuffisants" les efforts de la France en la matière.
"Le réchauffement climatique amplifie les températures, leur hausse au milieu de ce dôme. Il faut voir que le réchauffement contribue à monter plus vite les températures chaudes qu'à descendre les températures froides, ce qui explique pourquoi il devient facile de battre des records de chaud. On bat deux à trois fois plus de records de chaud que de records de froid", conclut Christophe Cassou.
Et le temps presse. Comme le rappelle L'Express dans un article dédié au sujet, Météo-France a estimé que la France pourrait gagner près de 4°C sur la période 2070-2100 par rapport à la période 1976-2100.











