Bébé empoisonné au Destop à Lyon: l'avocat général requiert 30 ans de prison contre l'ex-employée People&Baby
Le logo des crèches People&Baby (illustration). - Dimitar DILKOFF © 2019 AFP
Les réquisitions de l'avocat général sont connues. Ce mercredi 3 avril, la cour d'assises du Rhône procède au dernier jour d'audience du procès suivant la mort de Lisa, une enfant tuée par l'ingestion d'un produit caustique de type Destop.
En début d'après-midi, le ministère public a requis une condamnation à 30 ans de réclusion criminelle pour l'ex-employée de la crèche People&Baby.
L'avocat général a demandé que la peine soit assortie d'une période de surêté des deux tiers et d'une interdiction définitive d'exercer toute activité professionnelle en lien avec l'aide à la personne.
"On ne tue pas un enfant dans une crèche"
Myriam J., qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, avait reconnu en garde à vue avoir empoisonné la fillette, parce qu'elle était "excédée par ses pleurs". Un aveu répété ce mardi lors de la première journée d'audience.
Cette dernière avait insisté, lors du premier jour d'audience, sur son intention de ne pas donner la mort à la petite fille âgée de onze mois au moment des faits.
Avant l'énoncé des réquisitions du parquet, les plaidoiries des parties civiles avaient débuté aux alentours de 11 heures, après l'audition d'un dernier expert psychiatre qui est longuement revenu sur "l'intensité du déni", dont a fait preuve l'accusée dès la commission des faits.
"Qu'a-t-elle à dire ? Rien, car il n'y a rien à dire. Elle ne répondra pas, car il n'y a pas de réponse: on ne tue pas un enfant dans une crèche", a plaidé Me Jean Sannier, conseil de l'association Innocence en danger, qui s'est constituée partie civile.
"Il n'y a pas d'excuse, il n'y a que l'horreur", a-t-il poursuivi en évoquant "des silences qui hurlent".
Les débats, auxquels Myriam J. a assisté le dos souvent voûté mais sans manifester beaucoup d'émotion, ont mis en lumière sa personnalité fragile.
"Un acte monstrueux"
Le 22 juin 2022, malgré ses failles apparentes, Myriam J. était seule à l'ouverture de la micro-crèche Danton Rêve, quand le père de Lisa est venu déposer le nourrisson.
Au moment où il est parti, juste avant 8 heures, sa fille "ne pleurait pas", a-t-il assuré dans un témoignage poignant. Quelques minutes plus tard, deux femmes venues déposer leurs fils ont trouvé l'employée en panique, et l'enfant en train de vomir.
La fillette, grièvement brûlée, est décédée en fin de matinée à l'hôpital où elle avait été transportée. Myriam J. a été arrêtée vers 17h30 dans un parc, après avoir fait du shopping. Après de premières dénégations, elle a reconnu les faits en garde à vue.
Le drame a immédiatement suscité un vif émoi et déclenché une série d'enquêtes administratives, parlementaires et journalistiques qui ont épinglé la course au rendement dans le secteur des crèches privées.
Très éprouvés, les parents de Lisa ont souhaité ramener le débat sur la responsabilité pénale du "monstre" qui a tué leur fille.
"On est là pour débattre d'un acte monstrueux, commis par un monstre. Parler des crèches c'est un mauvais sujet", a lancé mercredi la mère, vibrante d'émotion. Lisa, "c'était pas un bébé Destop", "ce n'est pas le bébé assassiné dans une crèche, c'était une fille, une petite fille..."













