"Elle a sapé un principe fondamental du droit international": l'ONU dénonce l'intervention américaine au Venezuela
Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, tient une conférence de presse à Genève, en Suisse, le 11 juillet 2014. - Anadolu via AFP
L'ONU a exprimé ce 6 janvier mardi sa profonde inquiétude après l'intervention militaire américaine au Venezuela, avertissant qu'elle "a sapé un principe fondamental du droit international".
"Les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre État", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève.
Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafiquer de la drogue, les États-Unis ont capturé samedi Nicolas Màduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, qui doivent répondre d'accusations de "narcoterrorisme" à New York.
Une alerte sur "la détérioration continue de la situation au Venezuela"
De nombreux pays contestent la légalité de l'intervention américaine, présentée par les États-Unis comme une "opération de police".
"Les États-Unis ont justifié leur intervention en invoquant le bilan désastreux et de longue date du gouvernement vénézuélien en matière de droits humains", mais on ne peut contraindre à rendre des comptes en menant une "intervention militaire unilatérale en violation du droit international", a affirmé Ravina Shamdasani.
Elle a par ailleurs souligné que le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme avait, depuis environ une décennie, régulièrement alerté sur "la détérioration continue de la situation au Venezuela".
"Nous craignons que l'instabilité actuelle et la militarisation accrue du pays résultant de l'intervention américaine ne fassent qu'aggraver la situation", a-t-elle dit.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a souligné que même avant les derniers développements, près de huit millions de personnes au Venezuela, soit un quart de la population, avaient besoin d'aide humanitaire.
Les Nations Unies prêtes à "soutenir les efforts de secours d'urgence"
De son côté, le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (UNHCR) a indiqué qu'il n'avait pas pour l'instant remarqué aucun signe de nouveaux déplacements massifs depuis le Venezuela depuis samedi.
Mais "nous suivons de près la situation et les mouvements transfrontaliers", a déclaré aux journalistes Eujin Byun, une porte-parole de l'UNHCR, précisant que les agences des Nations Unies sont prêtes à "soutenir les efforts de secours d'urgence et à protéger les personnes déplacées dans le besoin, si nécessaire".













