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"La guerre a changé de nature": la ministre déléguée aux armées en déplacement à Kiev pour sceller un partenariat avec l'Ukraine sur les drones

BFM Tao Chardel avec Igor Sahiri à Kiev
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La ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, était en déplacement à Kiev ce vendredi 23 janvier pour sceller un nouveau partenariat avec l'Ukraine. Elle en a profité pour accorder un entretien à BFMTV au cœur de l'ambassade de France dans la capitale ukrainienne.

Un déplacement en Ukraine pour sceller les contours d'un nouveau partenariat entre la France et l'Ukraine. Entre un contexte pesant, avec de nouveaux bombardements russes, les négociations tripartites à Abou Dhabi et une séquence mémorielle aux côtés de vétérans de la guerre, la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo avait fort à faire à Kiev, ce vendredi 23 janvier.

"La période est compliquée ici, avec énormément de frappes sur les structures énergétiques", confie la ministre déléguée dans un entretien à BFMTV.

"La stratégie délibérée de la Russie est d'atteindre le moral de la population. Il fait froid, il y a plein de coupures d'électricité", ajoute-t-elle.

À Kiev, la bras droit de Catherine Vautrin, ministre des Armées, était également présente pour sceller les termes d'un nouveau partenariat - qui sera officialisé dans les prochaines semaines - afin de permettre une coproduction de drones et le développement de l'intelligence artificielle au combat avec l'Ukraine.

Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, étaient à Kiev pour sceller les conditions d'un parteneriat militaire avec l'Ukraine, le 23 janvier 2026.
Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, étaient à Kiev pour sceller les conditions d'un parteneriat militaire avec l'Ukraine, le 23 janvier 2026. © BFMTV

Un nouveau partenariat entre la France et l'Ukraine

Au coeur de ce contexte, Alice Rufo dresse le constat que "la guerre a changé de nature" ces dernières années, après avoir visité une usine de fabrication de drones "Skyfall", alias Vampire, créée en 2023 pour défendre l'Ukraine face à l'invasion Russe.

"Les Ukrainiens ont developpé des capacités dans le domaine de la dronisation de la guerre, et puis sur la robotisation du combat", étaye l'ancienne directrice générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS).

"Au fond pour les armées françaises, c'est un sujet d'intérêt majeur qui correspond aux besoins de nos forces. Nous avons des industries, entreprises, start-up, parfois des licornes qui sont demandeuses d'une coopération (avec l'Ukraine)", ajoute-t-elle au micro de BFMTV.

Un nouveau partenariat à venir, qui intervient quelques jours après que Volodymyr Zelensky a obtenu un accord avec les États-Unis de Donald Trump sur des garanties de sécurité de son pays.

Une victoire majeure dans le cheminement d'un potentiel processus de paix, selon la ministre déléguée: "C'est un résultat très important du travail mené par la coalition des volontaires depuis un an", se félicite la diplomate de 45 ans. "Il consistait à amener les États-Unis à donner des garanties bilatérales à l'Ukraine et d'inverser l'ordre des facteurs."

Désormais, la priorité des négociations reste d’assurer la sécurité de l’Ukraine plutôt que d’éventuelles concessions territoriales, réclamées avec insistance par le Kremlin. Une réunion trilatérale entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis s'est d'ailleurs tenue ces derniers jours dans le cadre des pourparlers sur la fin de la guerre. La position du Kremlin reste cependant encore floue. "L'Ukraine ne sera jamais un obstacle à la paix", martèle Alice Rufo. "Nous avons déjà proposé à la Russie un cessez-le-feu, qu'elle a repoussé. Une négociation est faite pour trouver des compromis. Est-ce que la Russie est prête à en faire? C'est ce qu'il faut vérifier."

La réponse interviendra sans doute dans les prochains jours, après ce sommet capital aux Émirats arabes unis, organisé sans l'Europe. "Tout ce qui relève de la souveraineté de l'Ukraine, c'est avant tout à elle d'en décider. Nous avons poussé pour qu'elle soit mise en situation de pouvoir décider par elle-même. Au fond, il ne faut pas voir le format de ces discussions comme un problème", conclut la ministre déléguée aux Armées.