"Aucune nouvelle": le père d'un blessé de l'incendie de Crans-Montana dénonce l'absence d'information des autorités françaises

"On s'est débrouillé pour retrouver notre enfant". Quatre jours après l'incendie meurtrier d'un bar de Crans-Montana (Suisse), Jean-Michel Gilbert fait part de sa colère sur BFMTV ce lundi 5 janvier.
Son fils Gaëtan, âgé de 28 ans et "chef de bar" au Constellation, a été grièvement blessé, "brûlé sur une bonne partie du corps" et souffre aujourd'hui de "complications pulmonaires" en raison des fumées inhalées lors du drame.
"On a fait tous les hôpitaux au téléphone"
Face au drame, et alors que Gaëtan est encore dans le coma ce lundi, Jean-Michel Gilbert fustige le silence des autorités, incapables de l'informer sur la localisation de son fils.
Dès le 1er janvier au matin, "personne" ne l'a prévenu que son enfant faisait partie des victimes, pas même le ministère français des Affaires étrangères qu'il avait pourtant contacté et dont il attend toujours une réponse, selon lui.
"On a fait tous les hôpitaux un par un au téléphone, jusqu'à ce que par chance on tombe sur lui au CHU de Lausanne", explique Jean-Michel Gilbert sur notre antenne.
"Papa je rentre, rien ne va"
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, Gaëtan a été transféré de l'hôpital suisse à un centre hospitalier parisien. Les médecins le préviennent que les autorités françaises feront le nécessaire pour informer la famille. Là encore, aucune information n'arrivera.
"Aucune nouvelle. (...) On a quelqu'un sur Paris qui a fait le tour des hôpitaux et a retrouvé dans quel hôpital était notre enfant à 10 heures du matin", poursuit le père de famille.
Face à cette situation "très compliquée pour toute la famille", Jean-Michel explique sur BFMTV que son fils, après avoir débuté cet emploi au sein du Constellation le 1er décembre, l'a "appelé une semaine avant Noël" pour annoncer sa décision de quitter les lieux.
"Il m'a dit 'papa je rentre, rien ne va. (...) Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais il y a beaucoup de manquements", rapporte le père de Gaëtan, qui a notamment pointé les "très jeunes adolescents" présents dans le bar.
Finalement, le jeune serveur avait accepté de travailler jusqu'à la fin de l'année auprès des propriétaires. Des propriétaires, aujourd'hui dans le viseur du père de famille. "Mon fils, il avait des patrons. Ils se cachent où? Pas un appel, pas un 'comment va votre enfant'", fustige-t-il. S'il ne les "juge pas sur ce qu'il s'est passé", Jean-Michel estime que "prendre une nouvelle de leur employé" serait un minimum après le sinistre.
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a répondu ce lundi matin sur l'antenne de BFMTV-RMC à la situation du jeune Français qu'elle "découvre" et qu'elle juge "anormale". "Je me mets à la place de ce papa qui a cherché son fils, (...) je ne remets en aucun doute sa parole. Ce n'est pas normal", ajoute-t-elle.
L'incendie dans le bar de cette station de ski suisse a fait 40 morts, dont 20 mineurs. Le Quai d'Orsay a annoncé ce dimanche 4 janvier que le bilan montait à neuf Français parmi les victimes tuées.












