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Les Pussy Riot condamnées : indignation après le verdict

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La condamnation à deux ans de camp pour "hooliganisme" des jeunes femmes du groupe de rock russe Pussy Riot a suscité de très vives critiques aux Etats-Unis et en Europe, et de nombreux rassemblements ont été organisés à travers le monde pour dénoncer leur procès.

Le département d'Etat américain a dénoncé un verdict "disproportionné" et s'est dit "préoccupé" par "l'impact négatif sur la liberté d'expression en Russie".

Paris a également fustigé une sentence "particulièrement disproportionnée", notant toutefois que "la procédure n'est pas terminée, les voies de recours en Russie et à Strasbourg n'ayant pas été épuisées".

Aurélie Filipetti "affligée par cette décision"

La ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, s’est dite "affligée par cette décision. La liberté d’expression, c’est aussi la liberté pour les artistes, et cette dimension un peu provocatrice a toujours constitué le sel de la jeunesse".

Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel a critiqué une peine de prison "démesurée" qui "n'est pas en harmonie avec les valeurs européennes d'Etat de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s'est prononcée en tant que membre du Conseil de l'Europe".

"Une société civile dynamique et des citoyens engagés politiquement sont une condition nécessaire à la modernisation de la Russie et pas une menace pour ce pays", a ajouté la chancelière, ancienne citoyenne de l'ex-RDA communiste.

Londres a réagi à l'unisson des capitales européennes, estimant que "le verdict met en cause l'engagement de la Russie à protéger ces droits fondamentaux et les libertés".

Plusieurs manifestations de soutien au groupe Pussy Riot organisées en Europe

A Paris, environ 200 personnes réunies près du musée Beaubourg ont accueilli par des huées l'annonce des attendus du verdict reconnaissant coupables de "hooliganisme" et d'"incitation à la haine religieuse" Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina.

Quelques jeunes femmes avaient le visage masqué par des cagoules de couleur, comme étaient apparues les trois jeunes Russes dans la vidéo tournée en février qui leur a valu d'être poursuivies par la justice.

Depuis l'interpellation des trois Russes, la mobilisation internationale, marquée par des appels de Madonna, du philosophe français Bernard-Henri Lévy ou de l'acteur et réalisateur américain John Malkovich, pétition à l'appui, n'a pas faibli.

A Londres, une cinquantaine de personnes s'étaient donné rendez-vous au Royal Court Theatre, au coeur de la capitale, qui avait mis en scène une mini-pièce intitulée "Pussy Riots, the final verdict", où des actrices ont rejoué les plaidoiries des trois jeunes femmes lors du procès.

A Kiev, une militante du mouvement ukrainien Femen, Inna Chevtchenko, seins nus et armée d'une tronçonneuse, a scié une croix érigée à la mémoire de victimes de répressions staliniennes.