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"Opaque et inhumain": la prison où est incarcéré Nicolás Maduro décrite comme un "enfer sur terre"

BFM Florent Bascoul avec AFP et Reuters
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Nicolás Maduro et Cilia Flores, le président vénézuélien et son épouse sont incarcérés depuis samedi 3 janvier au Metropolitan Detention Center de Brooklyn dans l'attente de leur procès. Ils rejoignent une longue liste de détenus célèbres qui ont séjourné dans cet établissement fédéral souvent décrié pour ses conditions inhumaines et insalubres.

Inculpé pour "narcoterrorisme" et "crimes contre l'humanité" ce samedi 3 janvier, le président vénézuélien Nicolás Maduro est incarcéré dans une prison fédérale de New-York à la piteuse réputation.

Le Metropolitan Detention Center (MDC) de Brooklyn se situe dans le quartier du Sunset Park, à côté d'un centre commercial dans une zone industrielle en bord de mer. Ironiquement, ce bâtiment austère d'une dizaine d'étages fait face à Liberty Island, l'île d'où s'élève la Statue de la Liberté.

Depuis 2021 et la fermeture du Manhattan Correctional Center, c'est le seul lieu d'incarcération pour les personnes en attente de jugement devant les tribunaux fédéraux de New-York. Selon le bureau fédéral des prisons, l'établissement accueille actuelle près de 1.300 détenus, des hommes et des femmes. Il pourrait en recevoir 300 de plus. C'est l'une des prisons de ce type les plus grandes du pays.

Nicolás Maduro et son épouse sont détenus dans des cellules isolées du reste de la population carcérale.

Black-out, violences et insalubrité

Le MDC est régulièrement décrié pour ses locaux vieillissants, des problèmes récurrents d'accès aux soins, de violence et un encadrement défaillant.

Des plaintes concernant la nourriture à celles concernant la propreté et la sécurité, le centre a été qualifié d'"enfer sur terre", relève le média américain ABC. "Des détenus sont morts dans cette prison, des bagarres ont éclaté et il y a eu des pénuries de personnel depuis son ouverture dans les années 1990", précise la chaîne de télévision.

Au cœur d'un hiver particulièrement froid, en 2019, la prison a été frappée durant une semaine par une panne massive de chauffage et d'électricité. Durant l'été 2024, deux détenus y ont été poignardés à mort par des codétenus, au cours d'un énième épisode de violence.

En mars 2025, la justice a lancé des poursuites contre 25 personnes - détenus, associés extérieurs et un ancien gardien - dans une douzaine d'affaires de contrebande et de violences.

"Le MDC de Brooklyn est un véritable désastre, opaque et inhumain, qui n'a pas sa place dans l'application des lois sur l'immigration", déplorait en août Daniel Lambright, conseiller au sein de l'Union pour les libertés civiles de New York (NYCLU).

Comme le rapporte l'Associated Press, en septembre dernier, le Bureau des prisons, assurait pourtant que le MDC était "sûr pour les détenus et le personnel" et que la population carcérale avait diminué ce qui avait entraîné une "baisse substantielle" des crimes et de la contrebande.

De célèbres détenus

Un ex-président du continent américain également accusé de trafic de drogue (puis condamné) y a séjourné avant eux: l'Hondurien Juan Orlando Hernandez, récemment gracié par Donald Trump.

Parmi d'autres VIP récents, la prison a vu passer les ex-rappeur Sean "Diddy" Combs, R.Kelly, Ja Rule ou 6ix9ine. Des criminels en col blanc notoires ont également été incarcérés au MDC de Brooklyn comme Martin Shkreli, "l'homme le plus détesté des Etats-Unis" pour avoir fait exploser le prix d'un médicament contre le sida, l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen ou le magnat de la cryptomonnaie Sam Bankman-Fried.

L'ancienne complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a séjourné dans l'établissement de Brooklyn.

Luigi Mangione, le jeune homme poursuivi pour le meurtre d'un géant américain de l'assurance santé est toujours détenu au MDC de Brooklyn dans l'attente de son procès.

Parmi les détenus actuels figurent également des narcotrafiquants comme le cofondateur du cartel de la drogue mexicain Sinaloa, Ismael "El Mayo" Zambada Garcia.

L'accueil de personnes en situation irrégulière

À plusieurs reprises dans leurs décisions judiciaires, des juges new-yorkais ont critiqué le non-accès aux soins de certains détenus, des conditions de détention parfois indignes et des problèmes de corruption.

Depuis peu, les autorités ont aussi commencé à y détenir des personnes arrêtées pour situation irrégulière sur le territoire américain.

L'agence fédérale des prisons a déclaré dans un rapport publié en septembre 2025 que les conditions de détention s'étaient améliorées grâce à l'augmentation des effectifs et à d'autres réformes.