Conseil de paix: quels pays ont accepté ou refusé de participer à l'organisation internationale lancée par Donald Trump?

Certains refusent, d'autres acceptent, tandis que la plupart restent encore muets quant à leur participation. Le président américain Donald Trump a commencé le week-end dernier à former son Conseil de paix pour mettre fin à la guerre à Gaza, invitant plusieurs dirigeants étrangers à le rejoindre.
Le but de ce conseil made in America: se pencher sur "le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l'attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation des capitaux" pour la reconstruction de la bande de Gaza.
Difficile de savoir néanmoins qui exactement a été invité au Conseil de la paix, la Maison Blanche n'ayant pas communiqué de liste complète. Certains des pays concernés ont cependant communiqué publiquement sur le sujet.
Israël, l'Argentine et l'Égypte ont dit "oui"
Le Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu, au cœur donc des enjeux pour Gaza, a accepté ce mercredi l'invitation lancée par Donald Trump, tout comme Maroc, puisque le roi Mohamed VI rejoindra le conseil en tant que "membre fondateur", a indiqué la diplomatie marocaine. Même chose du côté des Émirats arabes unis avec la confirmation de son président Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane.
En Hongrie, le Premier ministre, Viktor Orbán, a accepté dès dimanche dernier l'invitation "honorable" de son allié Donald Trump d'être "membre fondateur" du "Conseil de paix". En Arménie, le Premier ministre Nikol Pachinian a déclaré ce mardi 20 janvier sur Facebook avoir accepté l'invitation américaine.
Le président de l'Argentine Javier Milei a déclaré que ce serait un "honneur" de siéger au Conseil. Du côté de l'Azerbaïdjan, le ministère des Affaires étrangères a annoncé mardi que le président Ilham Aliyev était "prêt à prendre part aux activités".
De même, le roi du Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a "accepté l'invitation du président Donald Trump", selon le ministère des Affaires étrangères à Manama.
Dernier pays en date à avoir accepté l'invitation de Donald Trump, l'Égypte. À savoir qu'un pays candidat à un siège permanent doit s'acquitter d'un ticket d'entrée d'un milliard de dollars.
Si Donald Trump a invité plusieurs dirigeants de pays, la Maison Blanche a également confirmé la présence d'autres personnalités politiques, économiques et diplomatiques tels que le président de la Banque mondiale Ajay Banga ou encore l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Des proches et conseillers de Donald Trump sont aussi au rendez-vous, comme Marco Rubio, Steve Witkoff, son gendre Jared Kuchner ou encore le milliardaire Marc Rowan.
Trois refus nets de la France, l'Ukraine et la Norvège
D'autres pays, à l'inverse, ont décidé de ne pas participer au Conseil de paix proposé par Donald Trump.
La France, via l'entourage d'Emmanuel Macron, a indiqué dès lundi 19 janvier qu'elle "ne peut donner (une) suite favorable" à ce stade à l'invitation. "Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera", avait par ailleurs rétorqué Donald Trump.
Le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a dit mardi avoir reçu une invitation, mais "n'imagine pas" y participer au côté de la Russie. Vladimir Poutine réserve pour l'instant sa réponse.
La Norvège, dont les relations se sont nettement dégradées ces dernières semaines avec Donald Trump irrité de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix, a refusé, précisant que "la proposition américaine soulève un certain nombre de questions qui nécessitent un dialogue plus approfondi avec les États-Unis". Le secrétaire d'État auprès du Premier ministre, Kristoffer Thoner insiste toutefois que la Norvège partage la volonté des États-Unis "d'instaurer une paix durable en Ukraine, à Gaza et dans d'autres situations".
De nombreuses invitations encore sans réponse
De nombreux dirigeants étrangers ou conseillers ont également confirmé avoir reçu une invitation à siéger au Conseil de la paix, sans pour autant communiquer s'ils comptaient l'accepter ou non.
La Chine n'a pas fait de commentaire sur son invitation, mais a déclaré ce mercredi 21 janvier défendre un système mondial centré sur l'ONU, alors que le Conseil de la paix de Donald Trump concurrence clairement l'organisation mondiale.
La Russie s'abstient pour l'instant, voulant d'abord "clarifier toutes les nuances" de cette proposition avec Washington avant de se prononcer. À ce sujet, le gouvernement britannique s'est dit "inquiet" de cette invitation faite au président russe qui "a prouvé à maintes reprises qu'il n'était pas sérieusement engagé pour la paix".
L'Allemagne a exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires et n'a pas donné de réponses pour l'instant. Le Canada "examine la situation": si le pays a d'ores et déjà annoncé qu'il ne "paiera pas un milliard de dollars" pour un siège, il a aussi réaffirmé toutefois "l'intention" du Premier ministre canadien Mark Carney "d'accepter l'invitation.
Enfin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi 19 janvier un porte-parole à Bruxelles.
D'autres pays ont simplement confirmé avoir reçu une invitation. C'est le cas de l'Italie, la Suède, la Finlande, l'Albanie, le Brésil, le Paraguay, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l'Inde et la Corée du Sud.
D'autres diplomates invités à l"'executive board"
En plus du Conseil de la paix de Donald Trump, deux entités liées à ce conseil ont été créées: un comité palestinien technocratique destiné à administrer provisoirement la bande de Gaza et un "executive board" qui semble destiné à jouer un rôle plus consultatif.
Ainsi, dans cette dernière entité seront également présents le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Sigrid Kaag, le diplomate bulgare et ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient Nickolay Mladenov ou encore le chef des services de renseignement égyptiens, Hassan Rashad.












