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Collaboration avec Abuja, régions visées... Ce que l’on sait des frappes américaines contre des cibles jihadistes au Nigeria

BFM VE avec AFP
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Le monde selon Trump
Ce vendredi 26 décembre, les États-Unis ont confirmé le bombardement de plusieurs cibles terroristes au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique. Une action coordonnée entre les deux pays, alors que d’autres frappes ne sont pas à exclure.

Quelques jours après des bombardements ayant fait au moins cinq victimes parmi les membres du groupe État islamique en Syrie, les États-Unis ont annoncé ce vendredi 26 décembre avoir procédé à de "nombreuses" frappes meurtrières contre Daech, dans le nord-ouest du Nigeria cette fois-ci.

"J'avais précédemment prévenu ces terroristes que s'ils n'arrêtaient pas le massacre de chrétiens, ils allaient le payer cher, et ce soir, ils ont payé", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a également averti le groupe État islamique, promettant de nouvelles frappes si l’organisation continue de tuer des chrétiens dans le pays.

• Une demande des autorités nigérianes

Ces bombardements interviennent "à la demande des autorités nigérianes", a communiqué sur X le commandement américain en Afrique. "C’est le Nigeria qui a fourni les renseignements" aux autorités américaines, a quant à lui affirmé le ministre des Affaires étrangères nigérian, Yusuf Tuggar.

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L’ancien ambassadeur du Nigeria en Allemagne a expliqué avoir "parlé deux fois" à Marco Rubio, secrétaire d’État américain. "Nous avons discuté pendant 19 minutes avant l’attaque, puis nous avons parlé à nouveau pendant cinq minutes avant qu’elle ne commence", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision locale ChannelsTV. "Ces frappes ont été approuvées par le gouvernement nigérian", a confirmé le Pentagone, qui s’est dit "reconnaissant pour le soutien et la coopération du gouvernement nigérian".

Selon le commandement américain en Afrique, l’action militaire engagée par les États-Unis au Nigeria a tué "plusieurs terroristes de l'État islamique" dans l'État de Sokoto.

• D’autres frappes ne sont pas à exclure

Si de premiers bombardements ont eu lieu le 25 décembre, d’autres frappes pourraient intervenir d’ici les prochains jours. "C'est un processus en cours, et nous travaillons avec les États-Unis. Nous collaborons également avec d'autres pays", a répondu Yusuf Tuggar à propos d’une nouvelle salve de frappes américaines."

Les autorités nigérianes restent engagées dans une coopération de sécurité structurée avec des partenaires internationaux, dont les États-Unis d'Amérique, afin de lutter contre la menace persistante du terrorisme et de l'extrémisme violent", a déclaré le ministère des Affaires étrangères nigérian dans un communiqué.

• Des habitants inquiets

Habitués aux actions violentes des groupes armés du pays, les habitants ont été surpris par ces frappes américaines. "Nous avons entendu une forte explosion qui a secoué toute la ville et tout le monde a eu peur", a déclaré auprès de l’AFP Haruna Kallah, un habitant de Jabo."

Au début, nous avons pensé qu'il s'agissait d'une attaque de Lakurawa (un groupe armé lié à l'État islamique au Sahel, NDLR). Mais nous avons appris par la suite qu'il s'agissait d'une attaque de drones américains, ce qui nous a surpris car cette région n'a jamais été une enclave de Lakurawa et nous n'avons jamais subi d'attaques ces deux dernières années", a ajouté un second témoin.

Face à la puissance de ces bombardements, "des fragments de bombe ont endommagé les murs et les toits des maisons voisines", explique Ayuba Abdulkarim, un autre habitant de Jabo. "Heureusement, personne n'a été blessé", a-t-il précisé.

• Un pays et de nombreux conflits

Divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane, le Nigeria connaît de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans. Des gangs armés de "bandits" pillent des villages et enlèvent des personnes contre rançon dans le nord-ouest.

L'ONU a d’ailleurs mis en garde contre une "recrudescence des enlèvements de masse", impliquant régulièrement des centaines d'écoliers. D'autres personnes ont été ciblées dans des lieux de culte lors d'enlèvements distincts.

En 2025, les États-Unis ont réinscrit le Nigeria sur la liste des pays "particulièrement préoccupants" en matière de liberté de culte et ont décidé de diminuer l'octroi de visas aux Nigérians.