L'Algérie "accepte" de gracier l'écrivain Boualem Sansal après un an d'emprisonnement

Le bout du tunnel pour Boualem Sansal. L'Algérie "accepte" de gracier l'écrivain franco-algérien emprisonné depuis un an, indique la présidence du pays ce mercredi 12 novembre.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune "a répondu favorablement" à une demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, "concernant l'octroi d'une grâce en faveur de Boualem Sansal", selon le communiqué officiel. "Le président a réagi à cette demande, qui a retenu son attention en raison de sa nature et de ses motifs humanitaires", poursuit la déclaration.
Une demande du président allemand
Les deux chefs de l'État se sont téléphonés ce mardi. Frank-Walter Steinmeier avait demandé que Boualem Sansal, condamné en appel en juillet à cinq ans de réclusion, soit gracié et bénéficie de soins médicaux en Allemagne "compte tenu de son âge avancé (...) et de son état de santé fragile". Il souffre d'un cancer.
Boualem Sansal devrait être hospitalisé ce mercredi dans la soirée dans un établissement hospitalier allemand, selon les informations de BFMTV. Un avion a décollé de Berlin pour aller le chercher.
"Grande joie", du fondateur de son comité de soutien
L'auteur de 80 ans était emprisonné depuis le 16 novembre 2024 pour "atteinte à l'unité nationale", "outrage à corps constitué", "pratiques de nature à nuire à l'économie nationale" et "détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité du pays". Il avait été condamné notamment pour avoir déclaré que l'Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.
Arnaud Benedetti, fondateur du comité de soutien de l'auteur exprime auprès de BFMTV "un grand bonheur, une grande joie". Il salue "l'action déterminante de la diplomatie allemande" et "la détermination de tous ceux qui l'ont soutenu depuis un an".
"C'est un grand moment pour la liberté", dit-il en ayant une pensée pour le journaliste Christophe Gleizes toujours incarcéré.
Condamné à cinq ans de prison
Boualem Sansal avait vu sa condamnation à cinq ans de prison ferme confirmée en appel par la justice algérienne le 1er juillet dernier. Son emprisonnement s'était inscrit dans un contexte de dégradations des relations entre l'Algérie et la France et beaucoup de responsables politiques avaient dénoncé le caractère politique de la décision de justice.
La France et les proches de l'écrivain étaient également très inquiets de l'état de santé de l'octogénaire. "C'est un homme qui est âgé et qui est fragilisé", avait souligné le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en mai dernier.












