BFM Business

Alur : La suppression des pénalités de retards de loyers saluée

BFM Business Sahra Laurent et Léo Monégier
Les pénalités de retard de loyers ont été supprimées au Sénat

Les pénalités de retard de loyers ont été supprimées au Sénat - Wikimédia Commons

Dans le cadre de l’examen du projet de loi Duflot, le Sénat vient de voter le retrait des pénalités à hauteur de 5 % en cas de retard de paiement de loyer. Applaudissement du côté des associations.

Les locataires peuvent souffler. L’amendement n°1121 à l'article 4 du projet de loi pour l'accès au logement et à un urbanisme rénové (Alur), adopté à l’Assemblée nationale il y a plus d’un mois, vient d’être abrogé au Sénat. Les élus se sont rangés derrière l’avis de Mireille Schurch, membre Communiste, républicain et citoyen (CRC), qui a estimé lors des débats qu'imposer des sanctions aux locataires en cas d’impayés de loyers reviendrait à « pénaliser encore les ménages les plus fragiles .» Ledit amendement, déposé par le socialiste Daniel Goldberg, prévoyait en effet des pénalités de « 5 % du loyer pour les impayés de loyers et de 30 % pour le dernier mois de loyer non payé ». Une réforme jugée inefficace aux yeux de Jacques Mézar, issu du groupe Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) : « Il n'est pas utile d'ajouter de la dette à la dette pour les locataires en difficulté ou qui ne sont pas en mesure de payer leur loyer », a-t-il fait valoir dans l’hémicycle.

« Une réussite, un soulagement »

Le vote a été salué rapidement par le monde associatif. Du côté du collectif Droit au logement (DAL), cette abrogation est vue comme « une réussite ». Un avis partagé par la Confédération syndicale des familles (CSF), qui exprime son « soulagement » après la suppression des pénalités de retards dans « un contexte où le rapport de force issue de la tension du marché est déjà très défavorable aux locataires ». Pour l'association, « inciter les bailleurs à se faire justice eux-mêmes n’aurait eu d’autre effet que d’enfoncer davantage les locataires dans la précarité. »

La vigilance, cependant, reste de mise. Ainsi, le DAL dit attendre « de véritables avancées pour les locataires, les mal logés et les sans logis ». La CSF, quant à elle, regrette la possibilité de recourir à ces pénalités via une « clause pénale »*, que permet toujours en l’état la loi du 6 juillet 1989.

Le texte du projet de loi Alur fera encore la navette entre les mains des sénateurs. D’après la procédure, la deuxième lecture aura lieu à la fin de l’année au Sénat.

*sous une forme contractuelle, la clause pénale détermine à l’avance quelle sanction pécuniaire sera applicable dans la mesure où l’une des parties n’exécuterait pas ses obligations.