Elle finance la "Sécu", l'industrie pharmaceutique, les territoires... Les Français détiennent pour 2.107 milliards d'euros d'assurance vie, voilà à quoi sert ce colossal montant
Le patrimoine financier des Français reste largement investi en assurance vie, loin devant les produits d'épargne réglementée comme le Livret A, sans oublier les centaines de millions d'euros dormant sur les comptes courants - DENIS CHARLET © 2019 AFP
50,6 milliards de plus en 2025 et un encours total de 2.107 milliards d'euros, soit l'équivalent de 72% du PIB de la France. Les Français sont plus que jamais fans de l'assurance vie.
Mais il ne s'agit pas que d'un placement rassurant et rémunérateur, il permet évidemment de financer une partie de l'économie française. Selon une enquête d'Audirep commandée par France Assureurs et présentée ce mardi en conférence de presse, 82% des épargnants veulent savoir ce que finance leur assurance vie. Pour 7 épargnants sur 10, il est important que ce produit finance des domaines clés comme des entreprises innovantes, l'économie française ou encore la transition écologique.
"Il y a un besoin de sens des épargnants. Ils veulent savoir ce que leur assurance vie finance", a déclaré Paul Esmein, directeur général de France Assureurs.
La question est d'autant plus légitime alors que 20 millions de Français détiennent des contrats d’assurance vie, avec 57 millions de contrats ouverts à ce jour, comme il est possible d'en détenir plusieurs. A fin décembre 2025, l'encours de l'assurance vie représente 2.107 milliards d'euros. Sur cet encours l'assurance vie finance l'économie réelle en France, 63% de l'argent allant vers les entreprises et 24% permettant de financer des obligations souveraines.
"Financer toutes les industries importantes"
Dans le détail, le domaine qui reçoit aujourd'hui le plus d'argent des fonds en euros d'assurance vie concerne les territoires français, avec 10 milliards d'euros pour la mobilité verte et l'accessibilité des territoires, selon les données de France Assureurs à fin décembre 2024. Pour la Fédération, l'assurance vie contribue ainsi à "la cohésion des territoires" en France.
De même, le secteur de la santé est aussi financé en partie par l'assurance vie, avec 8,3 milliards d'euros permettant de financer la Sécurité sociale et 562 millions d'euros allant à l'hôpital. L'assurance vie ne finance pas directement la santé comme une "cotisation" sur le salaire mais quand on fait un rachat (partiel ou total) ou qu'on dénoue un contrat, la part d’intérêts et de plus-values est soumise à des prélèvements sociaux: CSG, CRDS et autres contributions affectées à la protection social. Des sommes qui vont directement financer la Sécurité sociale (maladie, famille, solidarité, remboursement de la dette sociale...). On rappelle que seuls les gains sont taxés et pas le capital investi.
En outre, 9,6 milliards d'euros permettent de financer le domaine de l'énergie, 3 milliards d'euros l'industrie pharmaceutique ou encore 3,2 milliards d'euros la gestion de l'eau.
"Par ce mécanisme, on arrive à financer toutes les industries importantes pour le développement français et européen. Il y a eu une véritable transformation de l'assurance vie: c'est un produit qui reste populaire et dont les encours ont cru, mais il s'est assorti d'une transformation de la structure de l'assurance vie, avec des industries utiles financées au travers de l'assurance vie", conclut Paul Esmein.
Quand on place son argent sur une assurance vie (surtout en fonds euros), l’assureur l’investit massivement dans des obligations d’entreprises. Concrètement: l’entreprise émet une obligation qui est acheté par un assureur. L’entreprise reçoit du cash et rembourse plus tard avec des intérêts. C'est comme un prêt, mais pas bancaire: c’est un financement de marché, souvent à long terme (5–10–20 ans).En France, les assureurs sont d'ailleurs parmi les premiers créanciers des grandes entreprises.
L'assurance vie reste le placement financier préféré des Français, avec des encours qui ont doublé depuis 20 ans, selon les derniers chiffres de la FFA. Les dépôts du mois de décembre s'élèvent à 16 milliards d'euros, en hausse de 17% sur un an. Les cotisations grimpent à 192,1 milliards d'euros, contre 174,9 milliards en 2024. En montant net, l'assurance vie a engrangé 50,6 milliards d'euros, contre 22,1 milliards d'euros en 2024.












