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"Plus d'argent, plus de pétrole, plus rien": Donald Trump appelle Cuba à "conclure un accord avant qu'il ne soit trop tard"

BFM Business P.La. avec AFP
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La pression américaine s'est renforcée sur Cuba depuis la chute de Nicolas Maduro. Le Venezuela fournissait en effet du pétrole à l'île communiste, en proie à sa pire crise économique depuis 30 ans.

Donald Trump appelle les dirigeants cubains à conclure "un accord". "Plus jamais de pétrole ni d'argent ne sera versé à Cuba – plus rien! Je leur conseille vivement de conclure un accord avant qu'il ne soit trop tard", a écrit le président américain, sur son réseau Truth Social, ce dimanche 11 janvier.

"Cuba a longtemps vécu grâce à d'importantes quantités de pétrole et d'argent provenant du Venezuela. En échange, Cuba assurait la sécurité des deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais c'est terminé!", a-t-il poursuivi.

"La plupart de ces Cubains ont péri lors de l'attaque américaine de la semaine dernière, et le Venezuela n'a plus besoin de la protection des voyous et des maîtres chanteurs qui l'ont tenu en otage pendant tant d'années. Le Venezuela peut désormais compter sur la protection des États-Unis d'Amérique, la puissance militaire la plus puissante du monde (et de loin !), et nous le protégerons", a ajouté Donald Trump.

32 Cubains ont été tués lors de l'attaque américaine contre le Venezuela, selon un bilan fourni par les autorités à La Havane. Ces militaires, tous membres des Forces armées révolutionnaires ou du ministère cubain de l'Intérieur, réalisaient des missions au Venezuela "à la demande d'organes homologues" de ce pays, proche allié de l'île communiste.

"Personne ne nous dicte quoi faire"

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel a affirmé dimanche que "personne ne nous dicte quoi faire" à son pays, en réponse aux menaces proférées par le président américain Donald Trump.

Cuba est "une nation libre, indépendante", écrit-il dans un message publié sur X. "Cuba n'agresse pas, elle est agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu'à la dernière goutte de sang".

Peu de temps auparavant avant de poster ce message dimanche, Donald Trump avait republié un message suggérant que le secrétaire d'État américain Marco Rubio pourrait devenir président de Cuba, l'accompagnant de ce commentaire : "Ça me semble bien !"

La semaine dernière, le président américain avait estimé qu'une intervention militaire à Cuba, située à quelques dizaines de kilomètres de la Floride, ne serait pas nécessaire, car la perte des ressources en pétrole venant du Venezuela signifierait, selon lui, la chute des dirigeants cubains en place.

Grave crise économique

L'enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis est un coup dur pour l'île communiste de Cuba. Caracas lui fournissait en effet du pétrole, entre 30.000 et 35.000 barils par jour, en vertu d'un accord passé du temps d'Hugo Chavez. Soumise depuis 1962 à un embargo imposé par les États-Unis en pleine guerre froide et renforcé au fil des ans, Cuba résiste avec de plus en plus de difficultés.

Ce pays traverse depuis la pandémie de 2020 sa pire crise économique en trente ans avec une inflation galopante, des pannes d'électricité et des pénuries de nourriture, de médicaments et de carburants. Il connaît une vague d'émigration inédite et le manque de devises a provoqué une érosion sans précédent des services de santé.

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En 2021, après des manifestations antigouvernementales sans précédent, l'île a ouvert certains secteurs de l'économie aux petites et moyennes entreprises qui n'ont cessé depuis de gagner du terrain dans le tissu économique. Ce secteur privé représente désormais environ 15% du PIB et emploie plus de 30% de la population active.