Renault va produire des drones pour l'armée française au Mans et à Cléon, un contrat estimé à un milliard d'euros

Renault se lance dans l'industrie de la défense: le constructeur tricolore vient de signer un contrat avec la direction générale de l'armement (DGA) pour fabriquer des drones militaires dans ses usines du Mans (Sarthe) et de Cléon (Seine-Maritime), selon nos informations qui confirment celles de L'Usine Nouvelle.
Inquiétude des salariés
Le président du constructeur, Jean-Dominique Senard, prépare les esprits depuis plusieurs mois à ce retour de Renault dans l'industrie de la défense. En septembre dernier, le groupe avait même écrit à ses salariés pour les prévenir, alors que certains s'inquiétaient de ce changement à venir.
Le contrat avec la DGA est donc désormais signé: Renault va fabriquer des drones militaires, dans son usine du Mans où sont aujourd'hui produits des chassis et des pièces de fonderie.
L'usine de Cléon, en Normandie, fabriquera de son côté les moteurs des drones, selon nos informations. Une activité bienvenue pour le site, qui tourne aujourd'hui au ralenti.
Jusqu'à 600 exemplaires par mois
Le constructeur n'est pas seul sur le projet: il travaille en collaboration avec Turgis & Gaillard, une des pépites françaises dans la défense, qui compte près de 400 salariés. Plus précisément, il s'agira de développer "une munition téléopérée à longue portée" avec jusqu'à 600 exemplaires produits par mois.
Un drone qui pourra aussi servir à des missions d'observation et de renseignements. Selon L'Usine Nouvelle, ce contrat pourrait rapporter un milliard d'euros à Renault sur 10 ans.
Contacté, le groupe Renault explique avoir été "sollicité par le ministère des Armées français" et "invité à mettre son expertise au service du développement d’une filière française de drones". L'entreprise met en avant "un savoir-faire recherché", avec la capacité à "concevoir, industrialiser et produire en grande série des objets hautement technologiques, tout en maîtrisant la qualité, les coûts et les délais".
Renault confirme la concrétisation de ce projet, "en partenariat avec Turgis Gaillard, et sous l’égide de la DGA". En revanche, le groupe explique "ne pas pouvoir confirmer les sites mentionnés dans les médias au regard de l’avancée du projet et pour respecter le process de consultation des instances représentatives du personnel".











