Il pourrait atteindre Washington en quelques heures: c'est quoi le Bourevestnik, ce missile russe à portée "illimitée" propulsé par une mini-centrale nucléaire que même les Américains ont renoncé à développer
Capture d'écran d'une vidéo du ministère russe de la défense montrant un missile de croisière nucléaire Burevestnik en cours de construction. - Youtube
"Une création unique à portée illimitée". Vladimir Poutine a annoncé, dimanche 26 octobre, un essai réussi pour le missile de croisière russe à propulsion nucléaire, baptisé Bourevestnik, qui signifie "Oiseau de tempête" en français.
Le président russe a fait l'éloge de cette arme "unique", capable de voler jusqu'à 14.000 kilomètres. Le dirigeant a ordonné aux militaires russes de commencer à "préparer les infrastructures pour mettre en service cet armement dans les forces armées".
Selon le chef de l'Etats-major russe, Valéri Guérassimov, le Bourevestnik pourrait même cibler des sites à "n'importe quelle distance". Lors du test effectué le 21 octobre, le missile a volé pendant "environ 15 heures", traversant 14.000 kilomètres, soit plus que la distance qui sépare Moscou de Washington (10.000 km). Mais cette distance "n'est pas une limite" selon Valéri Guérassimov.
Une portée "illimitée" pour un missile "unique"
Par ailleurs, il a ajouté que le missile pourait être utilisé avec "une précision garantie" contre des "sites hautement protégés". Grâce à une trajectoire de vol imprévisible, le Bourevestnik serait, en effet, presque impossible à intercepter, le rendant "invincible" pour les systèmes de défense antimissiles actuels et futurs.
Un missile de croisière a l'avantage sur un missile balistique d'être manœuvrable et capable de voler sous et autour des radars de défense antimissile et des intercepteurs.
Selon le journal russe Nezavisimaya Gazeta, le Burevestnik est comme une fusée nucléaire doté d'un petit réacteur à fission et de plus équipée d'un propulseur d'appoint à propergol solide. Sa longueur au lancement est de 12 mètres et sa longueur en vol de 9 mètres. Son nez a la forme d'une ellipse de 1 mètre sur 1,50 mètre.
Le Bourevestnik est "une création unique que personne d’autre dans le monde ne possède", estime Vladimir Poutine. Le nouveau missile russe utilise en effet une technologie nucléothermique pour lui permettre de se propulser en chauffant un liquide grâce à un réacteur nucléaire.
Selon l'expert russe Pavel Ivanov de VPK-News, la masse du Burevestnik serait plusieurs fois, et probablement dix fois supérieure, à celle du Kh-101, le missile de croisière de l'armée russe capable d'atteindre mach 0,8. Il dispose d'ailes sur son fuselage qui lui donne des airs d'avion.
Ce missile pourrait donc théoriquement frapper les Etats-Unis, et ce malgré le Dôme d'Or annoncé il y a quelques mois par Donald Trump qui souhaite sa mise en service avant la fin de son mandat en 2028. Le président américain a réagi à l'annonce de son homologue américain sur le Bourevestnik, l'estimant "inapproprié" et ajoutant qu'il devrait plutôt "mettre fin à la guerre" en Ukraine".
"Cette guerre qui devait durer une semaine entrera bientôt dans sa quatrième année. Voilà ce qu'il devrait faire plutôt que de tester des missiles", a déclaré Donald Trump.
Les États-Unis avaient développé un missile de croisière à propulsion nucléaire dans les années 1950, réalisant avec succès des tests à pleine puissance des modèles baptisés Tory II-A et -C. Ils ont abandonné le projet, en partie à cause de la pollution radioactive produite par le déploiement.
La France de son côté travaille sur un projet de missile balistique longue portée (mais à propulsion conventionnelle) pour lequel le ministère des Armées serait prêt à engager un milliard d'euros pour permettre à l'armée française de frapper jusqu'à une distance de 2.000 km à une vitesse hypersonique. C'est ArianeGroup qui développerait ce "MBT" pour missile balistique terrestre qui pourrait être finalisé à horizon 2030.
Alors que le traité New START, qui limite les arsenaux nucléaires russe et américain, expire en février 2026, la Russie brandie la crainte d'une nouvelle escalade nucléaire.












