Elle touchera à elle seule 30% des prêts de Bruxelles: la Pologne sera de très loin la première bénéficiaire du programme militaire SAFE (la France est 3ème, l'Allemagne n'a rien demandé)

La Pologne sera la principale bénéficiaire du programme européen SAFE. La Commission européenne a donné son feu vert, ce lundi 26 janvier, au plan d'investissement de 43,7 milliards d'euros présenté par Varsovie dans le cadre de ce dispositif. Celui-ci doit mettre 150 milliards d'euros de prêts à taux avantageux à la disposition des pays de l'UE pour acheter du matériel de défense principalement fabriqué sur le territoire de l'UE. Une dernière confirmation doit être apportée par les ministres des 27 États membres dans un délai de quatre semaines.
"Excellente nouvelle de Bruxelles. La Pologne sera le principal bénéficiaire du programme SAFE", s'est félicitée Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, la responsable de ce dossier au sein du gouvernement polonais, auprès de l'agence de presse polonaise PAP.
Près de 30% du budget total sera donc destiné à la Pologne, qui prévoit de mener certains de ses 139 investissements avec d'autres pays membres ou avec l'Ukraine, conformément aux règles de ce programme commun.
Fin novembre, le Premier ministre Donald Tusk avait précisé que ces fonds seraient notamment alloués à l'achat de drones pour protéger la frontière du pays avec la Russie, mais aussi à des projets spatiaux ou au développement de l'intelligence artificielle au sein de l'armée polonaise.
Varsovie a triplé ses dépenses militaires depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Le budget consacré à la défense doit atteindre 4,8% de son PIB cette année, à 200 milliards de zlotys (47,5 milliards d'euros), soit une part plus importante que tout autre pays de l'UE et de l'OTAN.
La France attend une réponse
De son côté, la France attend le feu vert de l'exécutif européen pour des prêts à hauteur de 16,2 milliards d'euros, ce qui en ferait le troisième bénéficiaire. La Hongrie (16,2 milliards d'euros) et la Tchéquie (2 milliards d'euros) sont aussi en attente d'une réponse. 19 pays de l'UE ont candidaté. L'Allemagne n'en fait pas partie.
Pour l'heure, Bruxelles a donné son aval aux plans d'investissements de 16 États membres. La Roumanie doit être le second bénéficiaire avec 16,7 milliards d'euros, suivie par l'Italie (14,9 milliards d'euros), la Belgique (8,3 milliards d'euros), la Lituanie (6,4 milliards d'euros) et le Portugal (5,8 milliards d'euros), selon les chiffres communiqués par la Commission.
Lancé au printemps 2025, le programme SAFE fait partie d'un plan plus large qui doit débloquer 800 milliards d'euros de dépenses militaires au niveau européen. Pour profiter d'abord à l'industrie européenne et limiter la dépendance à l'égard des armes américaines, 65% de la valeur des composants doit être produit sur le territoire de l'Union européenne ou dans un État associé. Après le Canada, le Royaume-Uni tente actuellement de rejoindre le programme.












