"La déception est profonde": sans bovin au Salon de l'agriculture, la vache égérie martiniquaise Biguine perd sa vitrine

Pas un seul bovin au Salon de l'agriculture 2026. Une première en 60 ans pour l'événement, annoncée ce mardi 13 janvier par son président Jerôme Despey en raison de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). "C'est une décision que nous respectons, une décision historique qui nous laisse profondément attristés", indique-t-il.
"C'est un coup dur pour le salon culturellement et historiquement lié à l'élevage bovin", a ajouté le président du SIA. C'est aussi un coup de massue pour Biguine et son éleveur, déjà prêts à prendre possession de la porte de Versailles.
Égérie 2026 du salon, Biguine est venue tout droit de Martinique en décembre dernier en Haute-Saône, le temps de s'acclimater à la métropole. Avec sa bosse dorsale, ses longues cornes et son pelage blanchâtre, la "4x4 des savanes" proche du zébu devait faire sensation et mettre en vedette la méconnue race brahmane, ainsi que toute la filière bovine antillaise.

"Elle n'attendait qu'une chose, être là au Salon"
Une opportunité qui tombe à l'eau pour André Prosper, son éleveur. "La déception a été profonde ce matin, même si on savait qu’il y avait une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes à cause de la dermatose nodulaire contagieuse", réagit le Martiniquais dans les colonnes du Parisien à la suite de l'annonce.
Biguine s'était pourtant "très bien adaptée" à la métropole. "Elle n'attendait qu'une chose, être là au Salon", assure André.
Cette désillusion est partagée par toute la filière des vaches brahmanes. En Martinique, le cheptel total de l'île est estimé à 15.000 bovins, dont la grande majorité est constituée de brahmanes. "C’est une déception pour toute l’équipe, et pour les jeunes martiniquais en formation agricole qui devaient participer à l’événement", déplore à son tour Sandrine Hayot, présidente de l’Union des éleveurs de bovins Brahman (UEBB), dans Le Parisien.
Biguine reste dans l'Hexagone
Toutefois, l'éleveur bovin apporte tout son soutien à ses collègues confrontés à la DNC et comprend leur combat. "Nous sommes de tout cœur avec eux." Dans les Antilles françaises, aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse n'a, pour l'instant, été détecté.
L'avenir de Biguine, quant à lui, reste en métropole. En raison des coûts trop élevés des frais de transport entre l'île française et la France métropolitaine, il n'a "jamais été question qu'elle revienne" en Martinique, a expliqué André Prosper à nos confrères du Parisien. Elle sera "mise à la reproduction", en espérant, peut-être, qu'elle soit à nouveau présentée au Salon de l'agriculture l'année prochaine. Une possibilité en train d'être étudiée, assure l'éleveur de Biguine.
Selon Le Parisien, quatre autres vaches martiniquaises étaient prêtes pour le salon de l'agriculture et resteront aux côtés de Biguine, en France hexagonale.
Le salon de l'agriculture 2026 se déroulera du 21 février au 1er mars à la porte de Versailles, sans la présence des bovins, donc, mais aussi sans aucune volaille en raison de "l'influence aviaire". "Par contre, il y aura des ovins, des caprins, des porcins, des chevaux, des lapins, des ânes... Toutes les autres espèces que compte l'agriculture française", a précisé à BFMTV le président du salon Jérôme Despey.











