"Pourquoi à 60-62 ans les Français ont-ils autant envie de quitter le travail?": le ministre du Travail se demande pourquoi les Français ne veulent pas "travailler deux ans plus"

"Pourquoi autant de Français (...) ont-ils autant envie de quitter le travail?": la question devra être posée lors de la conférence sur le travail et les retraites, a estimé mardi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, qui envisage aussi d'ouvrir en 2026 la question du financement de la Sécurité sociale.
Dans le cadre de la suspension de la très décriée réforme des retraites, adoptée en 2023, le gouvernement lancera cette conférence "fin novembre" en présence des syndicats et du patronat, dans l'espoir de parvenir cette fois à un accord entre partenaires sociaux sur l'avenir du système.
"Je pense qu'il y a un chemin pour un accord", a jugé le nouveau ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, devant la commission des affaires sociales du Sénat. Cette conférence "mettra à plat les différents types de régime" et abordera différents thèmes ("classifications", "pénibilité", etc.), a-t-il assuré.
"Les Français résistent"
"Le travail, pour le dire très simplement, c'est répondre à la question 'Pourquoi autant de Français, quel que soit leur métier presque, à 60-62 ans, ont-ils autant envie de quitter le travail'?", a annoncé le ministre du Travail.
"Cette question, on n'a pas eu l'occasion, pour prendre un terme neutre, de la traiter. Il faut la traiter. Parce qu'elle est déterminante sur le fait que les Français résistent autant à l'idée de travailler deux ans plus", a poursuivi devant les sénateurs M. Farandou.
Cette conférence, dont on ne connaît pour l'heure ni le calendrier ni le fonctionnement, ne sera "pas un conclave bis, pas un lieu de négociation. (...) C'est un lieu de débat, un lieu d'expression d'avis, d'écoute d'experts", a ajouté M. Farandou.
Revoir le financement de la Sécu?
Au-delà des retraites, le ministre a évoqué la possibilité d'un remise à plat dès 2026 de l'ensemble du système de Sécurité sociale, qui vient de fêter ses 80 ans. "On est en train de se demander si début 26, on n'ouvrirait pas le sujet de fond du financement de la sécurité sociale", a-t-il déclaré.
"Je préfère avoir le courage de regarder de manière lucide plutôt que de vivre d'expédients année après année", a-t-il ajouté.
Pour Jean-Pierre Farandou, "il faut donc avoir le courage de s'attaquer à ce monument", si "les deux chambres (du Parlement) et les partenaires sociaux nous disent qu'il faut prendre le taureau par les cornes".











