Amazon, Goldman Sachs, Microsoft… Ces grosses boîtes qui ont déjà commencé à licencier à cause de l’intelligence artificielle

L'intelligence artificielle suscite enthousiasme et peur. Parmi les espoirs, celui que l'IA augmente la productivité, facilite le travail et génère de la croissance. Parmi les craintes, celle qu'elle remplace de nombreux salariés et supprime des millions d'emplois. "Aujourd'hui, les études nous disent qu'1 métier sur 2 pourrait être profondément transformé par l'arrivée de l'intelligence artificielle et qu'1 métier sur 10 pourrait être largement réduit quantitativement", explique à BFM Business Yann Ferguson, sociologue spécialiste de l'emploi et de l'IA. Il appelle néanmoins à prendre ces résultats avec des pincettes, rappelant qu'il ne s'agit que de projections. Selon lui, le plus important n'est pas tant le volume mais la vitesse à laquelle les métiers seraient remplacés.
"Si 30% des métiers disparaissent sur 30 ans, on peut adapter les formations, organiser la montée en compétence... Si cela se passe en 3 ans, c'est beaucoup plus compliqué", souligne-t-il.
Dans certaines entreprises, les réductions d'effectifs ont déjà commencé. Dans ces grandes sociétés, les embauches dans le secteur de l'intelligence artificielle ne suffisent pas, pour l'instant, à compenser les licenciements. Elles ne sont pas toutes claires quant aux motivations derrière ces plans de licenciement, mais l'impact de l'intelligence artificielle revient en boucle. Que ce soit parce que l'IA a réellement permis d'automatiser des tâches et de remplacer certains salariés ou tout simplement pour réduire les coûts afin de financer les investissements conséquents dans l'IA. Voici les derniers exemples de grandes entreprises ayant entrepris des réductions d'effectifs.
• Amazon supprime 14.000 postes, le patron avait prévenu: l'arrivée de l'IA va "réduire nos effectifs de bureaux"
La direction de l'entreprise a annoncé mardi "des réductions dans certains domaines et des recrutements dans d'autres" qui se traduiront par "une réduction globale d'environ 14.000 postes" dans les bureaux d'Amazon. Les médias américains dont Reuters ont également annoncé que le géant américain prévoyait jusqu'à 30.000 licenciements. Ces informations ne sont pas contradictoires puisqu'Amazon semble faire référence à une suppression nette de 14.000 postes, c'est-à-dire en comptabilisant les embauches et les licenciements.
Ces réductions s'inscrivent dans la continuité du plan du directeur général d'Amazon, Andy Jassy, qui avait explicitement annoncé que le développement de l'IA générative allait, "dans les prochaines années (...) réduire nos effectifs de bureaux". Le groupe cherche aussi à réduire ses coûts dans un contexte d'investissements croissants dans les technologies d'intelligence artificielle.
• Accenture met à la porte ceux qui ne savent pas utiliser l'IA
Chez Accenture, ce sont les salariés qui ne savent pas utiliser l'intelligence artificielle qui ont été virés. Au sein du cabinet de conseil, pas moins de 12.000 postes ont été supprimés au cours des trois derniers mois, et la direction a prévenu les salariés: ceux qui ne s'adapteront pas et qui n'apprendront pas à se servir de l'IA subiront le même sort.
"Nous nous séparons dans un temps très court des personnes dont nous pensons, selon notre expérience, qu'elles ne pourront pas apprendre les compétences nécessaires", expliquait la patronne du groupe Julie Sweet en septembre dernier.
• Goldman Sachs estime que l'IA permet d'être plus efficace (et va réduire ses effectifs)
La célèbre banque new-yorkaise a prévenu ses employés qu'elle prévoyait une "réduction limitée des effectifs au sein de l'entreprise" afin de réduire les coûts, selon un document interne datant de mi-octobre et consulté par Bloomberg.
Dans cette note, la direction a mis en avant les gains d'efficacité permis par l'IA comme un levier de croissance. "Bien que nous n'en soyons qu'aux prémices de l'évaluation des domaines d'application optimaux des solutions d'IA, il devient de plus en plus évident que nos objectifs d'efficacité opérationnelle doivent intégrer les gains attendus de ces technologies transformatrices", ont déclaré David Solomon, directeur général, John Waldron, président, et Denis Coleman, directeur financier, dans ce document.
Pour que Goldman Sachs puisse "profiter pleinement des promesses de l'IA, nous devons gagner en rapidité et en agilité dans tous les aspects de nos opérations", ont-ils ajouté.
• Microsoft licencie, dans le même temps 20 à 30% du code est réalisé par IA
Le géant américain, qui a engagé un vaste plan de réduction du personnel, a annoncé en juillet la suppression de 10% de ses effectifs en France, soit environ 200 emplois, afin "d'améliorer (son) efficacité opérationnelle". Ces suppressions d'emplois s'inscrivent dans un plan mondial de réduction des effectifs, la firme ayant annoncé licencier au total jusqu'à près de 9.000 salariés en juillet et 6.000 en mai.
De nombreux observateurs font le lien entre cette cure d'amaigrissement et le déploiement de l'intelligence artificielle (IA) au sein de l'entreprise, parmi les plus avancées dans ce domaine. Fin avril, le directeur général de Microsoft, Satya Nadella, avait révélé que 20 à 30% du code de programmation en interne était désormais écrit par de l'IA.
• Nestlé supprime 16.000 postes, dont 12.000 cols blancs
Le géant de l'agro-alimentaire a annoncé recemmment la suppression de 16.000 postes, principalement des cadres (12.000).
"Le monde évolue et Nestlé doit s'adapter plus rapidement", a indiqué le nouveau patron du groupe Philipp Navratil.
Mais les syndicats craignent que cette décision soit en partie motivée par l'arrivée de l'IA. "Je pense que l'intelligence artificielle est un des éléments, vu ce que Monsieur Navratil a dit, notamment qu'il souhaitait une structure plus simple, plus efficace, numériquement plus moderne...", s'inquiète Chistophe Kauffmann, responsable de l’intersyndicale chez Nestlé et secrétaire fédéral CFDT.











