"Plus de conflits ça veut dire plus de marchés pour l’industrie militaire": Sophie Binet accuse le patronat de ne soutenir que ses "petits intérêts économiques" en fréquentant le RN et en ignorant les "questions morales"
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, lors d'un point de presse à l'issue d'une réunion à Bercy avec le ministre de l'Économie et des Finances, Éric Lombard, le 10 janvier 2025. - Bertrand GUAY / AFP
Quel rapport les patrons doivent-ils entretenir avec le Rassemblement national? Selon le Nouvel Obs, l'Association des grandes entreprises françaises (Afep) a envisagé d'inviter Jordan Bardella, quelques jours après les déclarations du PDG de Totalenergies, Patrick Pouyanné, qui a appelé à ne pas refuser le dialogue avec le RN.
Une position du patronat qui suscite "de l'inquiétude et de la colère", a réagi ce vendredi Sophie Binet sur Franceinfo. "L’extrême-droite ne sera jamais un parti comme les autres et ce que l’on voit c’est que le patronat a oublié la leçon de la Seconde guerre mondiale et le fait qu’il n’y a pas seulement leurs intérêts économiques, il y a aussi des questions morales", a ajouté la secrétaire générale de la CGT.
Plus de conflits armés, "pour le patronat c’est très bien"
Martelant que le patronat "défend uniquement ses petits intérêts économiques" sans se soucier de "l'avenir de nos démocraties", Sophie Binet a pris l'exemple des États-Unis où "l'on voit le résultat de l'extrême-droite", où "c'est la loi du plus fort ou plutôt du plus riche contre le droit international".
"Ça veut dire de plus en plus de conflits armés, c’est cela qu’on veut aujourd’hui? Et effectivement, pour le patronat c’est très bien parce que plus de conflits armés ça veut dire plus de marchés pour l’industrie militaire et pour la défense", a poursuivi la dirigeante syndicale.
Soutenir l'extrême-droite ou la traiter "comme un parti comme les autres" revient "de fait" à accepter les attaques contre le droit international, a-t-elle insisté: "Ce que je dis c’est que l’extrême-droite quand elle arrive au pouvoir dans le monde -c’est le cas de Trump, de Poutine, de Milei en Argentine- elle s’assoit sur le droit international", a-t-elle dit.
Or, "le droit international c’est notre garantie de paix, ça a été construit après 1945 pour qu’il n’y ait plus de conflit au plan mondial et on le voit avec Trump on rentre dans un monde plein d’incertitudes où tous les coups sont permis".











